Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

dimanche, 04 décembre 2016

04 décembre 1659: Naissance de Pierre de Guethem

pierre-de-guethem.jpgCouverture

Pierre de Guethem est un musicien et militaire français né le 04 décembre 1659 à Tourcoing.

 

http://ghestem.net/actes/183pierre04_12_1659.jpgCouverture

 

Pierre de Guethem vient au monde à Tourcoing le 04 décembre 1659

 

né de Jacques Guethem et de Marie Tiberghien

 

sur l'acte 163 il n'y a pas de date de précisé seul une date figure sur l'acte précédent.

 

l'acte dit seulement Baptis fuit ponantius Guelhem filies Jacobi et Catharine Ayborohim fuis ciptozis natalis Ayborohim et maria Courtauls.

 

  de Jacques (Jacobi) Guethen et Catherine Tÿberohien (?) ayant pour parrain un certain Tÿberohien et comme marraine Maria Courtauls.

 

 

Une rue de la ville porte son nom, ainsi qu'un géant de la ville de Tourcoing.

tourcoing_pierre-20de-20guethem1_1.jpgCouverture

 

Son histoire a été relatée par trois écrivains.

Biographie 

.

 

Bientôt, le pillage et le feu ravagent le bourg.

 

Les habitants se réfugient aux quatre coins de l’Europe.

 

A vingt ans, Pierre débarque dans les Pays-Bas espagnols sans un « rouche doupe » en poche et se place comme valet de pied. (Serviteur en livrée qui escorte son maître, l'aide à monter ou descendre de voiture, etc)

 

Il connaît le solfège, un brin de violon.

 

Son maître, Fichier:Joseph Vivien 001.jpgCouverture Maximilien-Emmanuel de Bavière, amateur de musique, le prend dans son orchestre.

 

Un jour, Maximilien part pour la guerre et il emmène ses joueurs avec lui.

 

Sur les champs de bataille, notre Tourquennois se découvre une âme de soldat.

 

http://www.cmhg-phmc.gc.ca/cmh/book_images/high/v1_c3_s02_ss00_03.jpgCouverture

Il échange son violon et son archet contre un mousquet et des balles.

http://www.famillesdaujourdhui.com/data/Image/Loisirs/ChroniquePHPerrier/photo_9_tir_au_mousquet_au_fort_chambly.jpgCouverture

 

A lui les coups de mains, les coups de ruse, le corps à corps.

 

Au siège de Vienne, il arrache aux Turcs un étendard de soie. 

Pierre-de-Guethem-3935.JPGCouverture

 

Il envoie le trophée à Tourcoing où il existe toujours au musée du Carillon.

 

Le 12 septembre 1683, après deux mois de siège, les Turcs échouent à s'emparer de Vienne.

 

L'Empire Ottoman_ le 2ème Siége de Vienne
envoyé par Abal_hassan.

http://www.dailymotion.com/video/xc3raf_l-empire-ottoman-...

 

C'est la deuxième (et dernière fois) que la ville doit affronter un siège par les Turcs, le premier siège ayant eu lieu en 1529.

Victoire de justesse

CouvertureTout est venu de dissensions entre paysans et nobles hongrois. Les Turcs du sultan Mehmet IV ont voulu en tirer parti pour élargir un peu plus leur sphère d'influence en Europe centrale. C'est ainsi que le grand vizir Kara Mustapha (Kara Moustafa, dit le Noir) s'allie ainsi au roi de Hongrie Étienne Tokoly.

Tandis que le Hongrois entreprend le siège de Presbourg (aujourd'hui Bratislava), le sultan met le siège devant Vienne le 14 juillet 1683 avec des forces considérables (200.000 hommes, dit-on).

Soumise à un siège impitoyable, la capitale des Habsbourg est défendue avec acharnement par le comte Rüdiger Starhemberg et le bourgmestre Andreas Liebenberg.

Vienne est libérée in extremis grâce à une armée de 65.000 hommes venue du nord, composée pour moitié de Polonais ainsi que d'Allemands et d'Autrichiens.

CouvertureCommandée par le roi de Pologne Jean III Sobieski et le duc Charles de Lorraine, cette armée de renfort passe sur la rive droite du Danube puis déboule sur les Turcs des hauteurs du Kahlenberg, à l'ouest de Vienne.

Les janissaires du grand vizir se battent jusqu'au dernier mais le reste de l'armée ottomane se retire en désordre, abandonnant sur place canons et provisions.

Le premier café-croissant

Ayant échoué à s'emparer de Vienne, les Turcs s'enfuient précipitamment en laissant sur place leurs provisions. C'est ainsi que les Viennois récupèrent 500 sacs de café... ce qui leur vaut d'être les premiers Européens à siroter une tasse de café.

Dans le même temps, les boulangers de la ville, qui se flattent d'avoir donné l'alerte lors d'une tentative d'attaque nocturne des Turcs, commémorent leur exploit en confectionnant des pâtisseries en forme de croissant (l'emblème des Turcs). De là le café et les «viennoiseries» (spécialités de Vienne)qui accompagnent nos réveils matinaux.

Couverture De retour à Istamboul, le grand vizir Kara Moustafa est décapité par le sultan.

Pendant ce temps, l'empereur Léopold 1er fait une entrée triomphale dans Vienne et, dans la foulée, part à la conquête de la Hongrie et de la Transylvanie, sous domination ottomane.

Vienna gloriosa

Le conflit entre Turcs et Autrichiens va s'achever par les victoires du prince Eugène de Savoie et la paix de Karlowitz (1699). C'en sera fini des menaces ottomanes en Europe occidentale. Alors viendra l'apogée de Vienne. Ce sera l'époque de la «Vienna gloriosa»

 

Fichier:Juliusz Kossak Sobieski pod Wiedniem.jpegCouverture

12 septembre : Bataille de Kahlenberg.

Le roi Polonais Jean III Sobieski repousse le grand vizir Turc, Kara Mustafa, arrivé aux portes de Vienne à la tête de 180 000 hommes.

Fichier:Bitwa pod Wiedniem Brandt.jpgCouverture

Informations générales
Date 12 septembre 1683
Lieu Au Kahlenberg près de Vienne, Autriche
Issue Victoire stratégique décisive de la coalition chrétienne
Belligérants
Sainte-Ligue :
Banner of the Holy Roman Emperor (after 1400).svgCouverture Saint-Empire romain germanique
Flaga Rzeczpospolitej Obojga Narodow.svgCouverture République des Deux Nations
Ottoman Flag.svgCouverture Empire ottoman
Commandants
Flaga Rzeczpospolitej Obojga Narodow.svgCouverture Jean III de Pologne
Banner of the Holy Roman Emperor (after 1400).svgCouverture Léopold Ier
Ottoman Flag.svgCouverture Grand Vizir Kara Mustafa
Forces en présence
70 000 250 000
Pertes
4 000 tués 15 000 tués
Deuxième guerre austro-turque de 1683-1697

 

 

 

Couverture La légende dit que le croissant, viennoiserie fort populaire en France, fut créé par les boulangers de Vienne pour célébrer cette victoire. Une autre version attribue l’invention du croissant, toujours en 1683, à un cafetier de Vienne. Ayant récupéré des sacs de café laissés par les Turcs lors de leur fuite, il aurait eu l’idée de servir du café accompagné d’une pâtisserie en forme de croissant, en souvenir de la défaite de l’occupant.

Ce serait Marie-Antoinette d’Autriche, originaire de Vienne, qui aurait officiellement popularisé le croissant en France à partir de 1770.

 

 

 

Guethem poursuit sa course à travers les combats.

 

On cite ses faits d’armes à la campagne de Hongrie, aux prises de villes de Neufchâtel, de Bade, de Belgrade.

 

Un jour de 1702, le général en chef Couverture Carignan charge le major Guethem d’assiéger Crémone.

                                                                           Bataille de Crémone
Informations générales
Date 1er février 1702
Lieu Crémone, Italie
Issue indécise
Belligérants
Royaume de FranceCouverture Royaume de France Drapeau: Empire d'AutricheCouverture Empire d’Autriche
Commandants
François de Neufville de Villeroy Eugène de Savoie-Carignan
Pertes
~ 1 200 hommes ~ 1 200 hommes
Guerre de Succession d'Espagne

 

 

La ville, ceinturée de remparts et défendue par le Couverture  maréchal de Villeroy, semble imprenable.

2ème marquis de Villeroy, duc de Villeroy (1685) Capitaine des gardes du corps du roi, gouverneur du roi, ministre d’Etat et chef du conseil des finances, chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit, Maréchal de France

  • 1650 : Gouverneur et Lieutenant général du Lyonnais, Forez et Beaujolais en survivance de son père à l'âge de six ans.
  • 1672 : fait colonel au régiment d'infanterie du Lyonnais, nommé brigadier d'infanterie des armées de Monsieur le Prince.
  • 1674 : maréchal de camp (1674).
  • 1677 : lieutenant général.
  • 1688 : chevalier des ordres du roi (31 décembre 1688).

Avec la permission du roi, il cède son titre de duc à son fils lors du mariage de celui-ci avec Marguerite Le Tellier de Louvois (1694), tout en en gardant l'appelation et le rang.

 

Très insuffisant et malheureux lors de la guerre de succession d'Espagne, il reçoit son congé mais n'est pas disgracié.

  • 1714 : Ministre d'Etat, chef du Conseil royal des finances.
  • 1717-1722 : gouverneur de Louis XV.
  • 1722 : chassé et exilé à Lyon par lettre de cachet du Régent, il rentre à Paris en 1724.

Saint-Simon, beau-frère de sa femme, le mentionne environ 500 fois dans ses mémoires.
(Mort le 18 juillet 1730 selon Dict. des maréchaux)

 

 

Guethem apprend qu’un ancien égout passe sous les remparts et aboutit au cœur même de Crémone chez un chanoine, le chanoine Cassoli.

 

Pierre Guethem arrive à faire savoir à don Cassoli qu’il lui donnera un évêché s’il consent à déboucher l’égout.

 

Marché conclu.

 

Par l’ouverture déblayée, Guethem et ses hommes se répandent la nuit dans Crémone et ouvrent les portes de la ville aux assiégeants.

 

Le maréchal de Villeroy est fait prisonnier et toute la garnison avec lui.

 

Du coup, Guethem connaît la gloire : il est anobli et reçoit le grade de colonel.

 

Dans les années qui suivent il s’offre une débauche de batailles.

 

Sous les ordres du fameux Malborough, il joue encore un tour au maréchal de Villeroy et gagne la bataille de Ramillies.

 

Quand les troupes rançonnent les Flandres, la consigne est formelle : épargner gens et biens de la paroisse de Tourcoing.

 

Le diable le poussant, Guethem décide au printemps de 1707 un coup sans pareil : s’emparer du dauphin de France.

 

Avec une trentaine de partisans déguisés en marchands de chevaux, il traverse les lignes de feu et arrive à Versailles.

 

 

Pendant ce temps, Louis XIV et sa sœur chassent le loup en forêt de Marly.

 

Pierre de Guethem poste ses hommes derrière les arbres, au lieu-dit « le Point du Jour »

 

Quand, en grand équipage, palefreniers devant et derrière, passe le carrosse aux armes de France, de Guethem et ses amis se précipitent au-devant des chevaux.

Le colonel ouvre la porte.

Ce n’est pas le dauphin qu’il trouve assis sur les coussins du carrosse mais un homme d’âge, M. de Béringhem, qu’on appelle à la cour M. le Premier.

Pierre de Guethem se montre plein d’égards pour son prisonnier.

Il l’installe dans une chaise à porteur et on se hâte vers la route de Flandre.

 

Entre-temps, le carrosse aux armes de France est revenu à vide au château de Versailles.

Le roi Louis XIV éclate de colère, les dames de la cour s’évanouissent, la police est sur les dents dans tout le pays.

 

Les soldats du roi rattrapent de Guethem en Picardie.

 

Il devient à son tour prisonnier.

 

A son tour aussi M. le Premier se montre plein d’égards pour lui et le ramène à Paris.

 

Pierre de Guethem a passé sa vie à donner du fil à retordre aux armées de Sa Majesté, a emprisonné un maréchal à Crémone et a essayé par-dessus le marché de s’emparer du fils du roi.

 

Va-t-on le pendre haut et court ?

 

Que nenni.

 

Au Grand Siècle, on traite les gens de guerre avec bien plus d’élégance.

 

Louis XIV remet à M. de Béringhem le sort de son ravisseur.

 

Alors, M. le Premier ouvre à deux battants au colonel de Guethem les salons de Versailles.

 

On lui pardonne de si bon cœur qu’on l’invite peu de jours après à la revue des gardes du corps.

 

Sur un cheval des écuries du roi, Pierre de Guethem caracole aux côtés de Jacques II d'Angleterre, du dauphin de France et de Mgr le duc de Bourgogne.

 

Après la revue, voici le roi.

 

De Béringhem présente de Guethem à Louis XIV :

- Monsieur le Premier, dit le roi, se loue fort des traitements qu’il a reçus de vous. On ne saurait faire la guerre trop honnêtement...
- Sire, répond le Tourquennois, je suis si étonné de me trouver devant le plus grand roi du monde et qui me fait l’honneur de me pardonner que je n’ai pas la force de répondre.

Louis XIV se montre fort aise de cette réplique, toute la cour répète la phrase.

 

Jeudi 24 mars 1707 : Versailles :

 

Le roi dîna de bonne heure et alla se promener à Marly

Monseigneur et Monseigneur http://img207.imageshack.us/img207/131/clipimage002c.jpgCouverture le duc de Berry (Petit-fils de Louis XIV, et troisième fils du Grand Dauphin et de Marie-Anne-Christine de Bavière ) coururent le loup, qu’ils prirent sur le bord de la rivière en deçà, près du pont de Sèvre.

La forêt de Marly, ou jusqu'au XVIIIe siècle forêt de Cruye, est une forêt domaniale de 2000 ha située dans les Yvelines à 15 km environ à l'ouest de Paris, entre Saint-Germain-en-Laye et Versailles. Elle s'étend sur une longueur d'environ 12 km d'est en ouest sur les communes de Louveciennes, Marly-le-Roi, Saint-Nom-la-Bretèche, Feucherolles... C'est un ancien domaine de chasse des rois de France, puis des présidents de la république. Elle est entaillée, depuis 1935, dans toute sa longueur par l'autoroute de Normandie (A13)

 

Le soir, il y eut comédie

Monsieur le premier qui avait suivi le roi à Marly et qui était parti d’ici pour Paris à 7 heures, fut arrêté entre la ferme qui est à MM de Saint-Victor et le cabaret qu’on appelle le Point-du-Jour.

Il était dans son carrosse ; on le fit monter sur le septième cheval de son attelage, sur lequel était monté le valet ou cocher qui lui portait son flambeau.

Le carrosse revint ici, et l’on apprit par le cocher et les valets de pied qui le suivaient que M. le Premier avait été enlevé par 12 ou 15 hommes à cheval.

On en rendit d’abord compte au roi, qui envoya ordre à M. de Chamillart, qui était à l’Etang et à M. de Torcy, qui était à Paris, aux deux autres secrétaires d’Etat qui étaient restés à Versailles de faire partir des courriers pour aller en diligence sur les frontières avertir les gouverneurs d’envoyer des troupes sur tous les passages ; car le roi ne douta point que ce ne fût un parti des ennemis, d’autant plus qu’il était averti qu’un de leurs partis était entré dans l’Artois sans y faire aucun désordre et qu’il n’était point retourné dans leurs places.
Le roi, avant de se coucher, sut qu’on avait arrêté à Sèvres un homme à cheval qui ne parlait pas bien le français et qui apparemment était de ce parti là ; n le fait interroger, et on aura par lui quelque éclaircissement.
Le roi fit monter à cheval un brigadier avec 20 gardes pour aller droit à Saint-Denis, M. de Béringhem, fils de M. le Premier, monta à cheval aussi avec des écuyers et des pages du roi, et l’on prend tant de mesures qu’on redoute pas qu’on ne rejoigne ces gens là et qu’on ne délivre M.  le Premier, qui par sa santé n’est pas en état qu’on puisse faire faire une grande diligence.

Si Monseigneur, à sa chasse, est passé la rivière et que la nuit fût survenue, peut-être aurait-il été en quelque danger, car on ne doute pas que ces gens-là n’eussent de plus grands desseins que celui d’enlever un particulier.

(Ce parti avait résolu d’enlever Monseigneur ou un des princes ses fils : c’est pour cela qu’il demeura si longtemps sans rien faire.

Enfin lassés d’attendre, dans la peur d’être découverts, trompés encore par la livrée et le carrosse du roi, ils enlevèrent le premier écuyer.

 

Le roi en fut piqué à l’excès, et toutefoishttp://img18.imageshack.us/img18/307/pierredeguethem.jpgCouverture GUESTHEM en fut traité avec des faveurs et couru de tout le monde, et à Paris, aux spectacles, des bourgeois et du peuple avec une admiration singulièrement indécente.

 

http://img207.imageshack.us/img207/8325/clipimage001keg.jpgCouverture

Michel Chamillart

(Paris 2 janvier 1652 - Paris, 14 avril 1721) est un homme politique français. Il est issu d'une famille de robe : son père Guy Chamillart est procureur puis intendant. il commence sa carrière comme conseiller au Parlement de Paris en 1676, avant de devenir maître des requêtes en 1686, puis intendant de Rouen en 1689 et 1690. Apprécié par Louis XIV, avec qui il joue au billard, il est protégé à la Cour par Madame de Maintenon, ce qui lui permet d'intégrer les services centraux de l'administration du royaume à Versailles. Il est nommé contrôleur général des finances en 1699 et secrétaire d'État à la guerre l'année suivante.

 

On invite partout le colonel, on lui donne des gens pour le servir, il va au théâtre, il écoute les concerts dans les salons.

 

On le comble de cent manières.

 

Il voudrait bien quand même revenir à Tourcoing.

 

Quand il quittera Paris M. le Premier le suppliera d’accepter une bourse pleine de pièces d’or.

 

La vie de panache de Pierre de Guethem s’arrête là.

 

Il rentrera bien sage en sa paroisse Saint-Christophe pour y mourir deux ans plus tard.

 

Site des Ghestem

samedi, 03 décembre 2016

Guillaume Castanier d’Auriac (Carcassonne)

Carcassonne

Le blason du conseiller de Louis XIV mis au jour

YANNICK BONNEFOY
Le chœur, la nef et la chaire de l’église ont été entièrement rénovés, avec une mise en lumière conséquente.
Le chœur, la nef et la chaire de l’église ont été entièrement rénovés, avec une mise en lumière conséquente. (PHOTOS Y. B.)
 

Il aura fallu près de deux ans de rénovation et de restauration, pour que la petite église Sainte-Cécile, à Cuxac-Cabardès, livre des trésors jusqu’alors inconnus des paroissiens, tels que des culs de lampe, des blasons, ou encore des sculptures, dont la plus ancienne est datée de la fin des guerres de religion, en 1597.

 

Des trésors cachés par des travaux successifs au fil des siècles, qui ont également permis de découvrir une litre funèbre, peinte sous le porche et tout le long de la façade sud de l’église, en 1765, suite au décès de Guillaume Castanier d’Auriac, maire de la ville de Carcassonne, seigneur de Cuxac-Cabardès et conseiller du roi Louis XIV.

 

"Au niveau du porche, nous avons découvert une bande noire, sur laquelle apparaissaient des dessins représentant un croissant et de deux étoiles", se souvient Jean-Claude Béteille, maire de Cuxac-Cabardès. Cherchant à en savoir plus, l’atelier Baudin Savreux, spécialisé dans la restauration des châteaux et des églises, a ainsi pu établir que ces dessins n’étaient autres que les véritables armoiries de Guillaume Castanier, qui fonda la manufacture de draps de Cuxac-Cabardès.

 

"À cette époque, raconte Jean-Claude Béteille, les seigneurs avaient le droit de litre. Nous savons donc que c’est pour rendre hommage à cette personnalité de l’Histoire du Languedoc, que cette litre, composée d’une bande noire avec les armoiries du défunt (un châtaignier vert et un chef d’azur chargé d’argent accosté de deux étoiles d’or), a été réalisée."

 

Outre la découverte de cette litre funèbre sur la façade sud de l’église, la restauration a également permis de mettre au jour une vierge et une peinture qui n’ont pas encore été datées.

Tout ce que l’on peut dire aujourd’hui, c’est que l’église actuelle, datée du XIVe siècle, à l’époque rayonnante du gothique, a été bâtie sur une église du IXe siècle. "On la retrouve en 1249, sous le nom de Sainte-Cécile de Cucciaco", indique le maire, pas peu fier de cette trouvaille.

Noailles,_Louis_Antoine.jpg

Guillaume CASTANIER d'AURIAC

Conseiller d'Etat (1751-1765)

  • Né le 23 décembre 1702 à Carcassonne (11)
  • Décédé le 3 décembre 1765 à Fontainebleau (77) à l’âge de 62 ans

Parents

 

Commissaire aux requêtes du Pt de Toulouse 1722, conseiller au même Pt 1724, maître des requêtes 1729, secrétaire des commandements de la reine 1736-1757, président au Grand Conseil 1745, Conseiller d'Etat 1751, premier président du Grand Conseil 1753...(Promethée)

00:00 Publié dans Carcassonne, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

mardi, 29 novembre 2016

29 novembre 1648: Pierre de Bertier de Montrabé

29 novembre 1648 et 30 novembre 1648

 

Le Roi et la Reine assistent à la prédiction d'avent de l'évêque d'Ultique, Pierre de Bertier de Montrabé, coadjuteur de Montauban

 

Pierre de Bertier

Évêque de Montauban (1652-1674)

Parents

 

célèbre orateur ; fut choisi en 1634 par les Etats du Languedoc, assemblés à Carcassonne, pour porter au roi le cahier de doléances de la province

00:00 Publié dans 1648, Carcassonne, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

mercredi, 16 novembre 2016

16 novembre 1682: Le Roi rentre à Versailles

Le Roi, la Reine, le Dauphin, la Dauphine, Monsieur et Madame quittent Fontainebleau et retournent à Versailles où ils retrouvent le duc de Bourgogne en "parfaite santé"

fontainebleau-versailles.JPG

Les courtisans, malgré les travaux, prennent peu à peu leurs habitudes dans ce vaste palais en construction

 

il faut dire que le Roi met tout en oeuvre pour les divertir

 

il a chargé Bontemps d'officialiser les soirées d'appartement qui se tenaient irrégulièrement depuis quelques années au château:

"Telle est la bonté que fait paroître le Roy depuis son retour de Fontainebleau (le 16 novembre 1682), en permettant l'entrée de soin grand appartement de Versailles, le lundy, le mercredy et le jeudy de chaque semaine, pour y jouer à toutes sortes de jeux, depuis 6 heures du soir jusqu'à 10 heures"

 

Afin que tout se passe au mieux, une foule de garçons bleus, placés sous les ordres de l'intendant du château, préviennent les désirs des invités et servent à chaque table

 

Bontemps à l'oeil à tout

 

 commence à bien connaître le parcours de ces soirées qui ne se tiennent plus nécessairement à jour fixe, mais au bon vouloir du souverain trois fois par semaine

 

Et pour faire profiter son ami Pierre Michon, homme de sciences et d'esprit, de ces "assemblées", il l'invite à arpenter avec lui toute l'enfilade du Grand Appartement

 

L'ancien médecin de Christine de Suède et de la famille de Condé, qui se fait aussi appeler abbé Bourdelot depuis qu'il a pris la soutane après une ambassade à Rome en 1634, est encore bien alerte pour ses 72 ans

 

L’abbé Pierre Michon Bourdelot 

 

médecin et un anatomiste français

 

né en 1610 

mort en 1685

 

Il est le médecin de la famille de Condé à Paris.

 

Dans les années 1640, il organise un cercle se réunissant deux fois par mois, il est fréquenté par des scientifiques, mais aussi des philosophes et des écrivains.

 

Après une interruption due aux troubles politiques, le cercle reprend ses activités en 1664 jusqu’en 1684.

 

Il est alors fréquenté par de nombreux scientifiques parisiens comme Joseph Guichard Duverney (1648-1730)

Liste partielle des publications

  • 1671 : Recherches et observations sur les vipères, faites par Mr Bourdelot, répondant à une lettre qu'il a receue de Mr Redi1 (C. Barbin, Paris).
  • 1672 : Conversations de l'Académie de monsieur l'abbé Bourdelot, contenant diverses recherches, observations, expériences et raisonnements de physique, médecine, chymie et mathématique, le tout recueilly par le Sr Le Gallois ; et le parallèle de la physique d'Aristote et de celle de Mons. Descartes, leu dans ladite Académie (T. Moette, Paris)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57427t

 

"Vous voyez-vous, cher ami, chaque pièce joue un rôle particulier dans ces soirées

 

L'entrée commune se fait généralement par l'Escalier du Roi bien que les privilégiés, et Madame se fait un point d'honneur à ne ps y accéder autrement, préfèrent l'entée directement par la galerie

 

(Voir la lettre à sa belle-soeur Wilhelmine Ernestine du 6 déc 1682, citée et traduite dans Dirk Van Der Cruyse, Madame Palatine, Paris, Fayard 1988.p.282)

 

On accède à cette dernière par le salon commun au roi et à la reine (salon commun au roi et à la reine qui en 1684, devient le salon où le roi s'habille puis à partir de 1701, la chambre de Louis XIV) et l'entrée de l'Appartement se fait alors par le salon de la Guerre"

 

 

   

 

Tout en discourant sur les beautés de la galerie dont les décors ne sont pas encore achevés, les deux compères poursuivent leur visite

 

Depuis le grand salon du bout de l'appartement du roi, ils pénètrent dans la chambre du trône (salon d'Apollon) qui est consacrée à la musique et à la danse

 

ils passent ensuite dans la chambre du lit

 

 

où une table pentagone, une carrée et une en triangle sont réservées pour le jeu du roi, celui de la reine et celui de toute la Maison Royale,

"mais quoy que ces Tables soient marquées pour eux, ils ont la bonté de se méler avec tous ceux qui jouent dans les Chambres suivantes"

 

"Les divertissements commencent réellement à partir du salon de Mars qui accueille "l'assemblée des joueurs"

 

Comme vous le voyez, plusieurs jeux se trouvent dans cette pièce:

"Un Trou-Madame de marqueterie, posé sur une Table de Velours vert, entouré de Pentes de Velours cramoisy à Frange d'Or, est au milieu de la chambre

 

Une table quarrée, quatre en triangle et six pans sont autour (...)

 

on joue sur ces tables à plusieurs sortes de jeux de cartes, ainsi qu'à divers jeux de hasards"

 

"Mais monsieur Bontemps, que de monde joue ici, "il y en a tant, que je n'en sçaurois pas dire le nombre et tant de sortes de Jeux, qu'il y en a plus de la moitié dont je ne sçay seulement pas le nom!"

 

Le jeu se poursuit dans le salon suivant

 

celui de Diane où, comme lui dit son ami:

 

"Il y a un Billard d'une grandeur extraordinaire; il est dans une Chambre que j'apelle la Chambre des aplaudissemens. On y fait de beaux coups: il y a d'excellens Joueurs"

 

 

"Au-delà, poursuit Bontemps, le salon de Vénus est destiné à recevoir la collation, composée de fruits crus, de citrons, d'oranges, de pâtes et confitures sèches de toute sorte"

 

 

 

Enfin le salon de l'Abondance accueille les buffets: l'un pour  les boissons chaudes (café et chocolat) et les deux autres pour les liqueurs, les sorbets, les eaux de plusieurs sortes de fruits et de vin

 

D'ailleurs les confitures viennent à manquer

 

D'un geste imperceptible qu'un oeil peu averti ne peut saisir, mais que connaissent parfaitement les valets intérieurs, Bontemps commande un nouvel approvisionnement

 

Voilà une visite rondement menée

 

Les deux marcheurs ont pu admirer tout à leur aise, dans une clarté éblouissante que permettent des milliers de bougie, le sublime mobilier d'argent massif savamment disposé dans tout le Grand Appartement et que le souverain se plaît à amasser depuis 20 ans

 

Combien de scabellons, de tables, de torchères, de bassins de ce métal précieux contiennent tous ces salons?

 

On ne saurait le dire,  mais il y en aurait "pour plus de 6 millions d'argenterie!"

 

Pierre Michon entend profiter pleinement de son compagnon et de ses introductions

 

Il sait le personnage puissant; il va pouvoir lui ouvrir certaines portes que le tout-venant n'entreverra jamais

 

Il reconnait volontiers Bontemps, comme l'un de ses "anciens amis", lequel " le fit conduire dans le petit appartement du Roy, où Sa Majesté se retire" afin qu'il vît tout

 

Si une grande partie du château est ouverte aux visiteurs, y compris la chambre du Roi dans laquelle il faut saluer dignement le lit, cette partie septentrionale en retour sur la cour de Marbre est totalement privée

 

N'y entrent que la famille royale et les personnes les plus autorisées

 

Bontemps et son compagnon empruntent donc la porte, soigneusement gardée par un huissier, qui depuis le cabinet des Termes conduit à l'appartement intérieur du Roi

 

L'intendant regarde briller les yeux de son hôte au milieu de tant de merveilles

 

Malgré sa connaissance parfaite des lieus, Bontemps admire toujours lui aussi les chefs d'oeuvre qui y sont exposés

 

Ils se font accompagner dans leur exploration par le sieur Turola, garde meuble du château (Dominique Léonard Turola, romain de naissance, fit franciser son nom en Tourolle)

 

"Chaque chambre a des originaux des plus fameux Peintres d'Italie, la première est pour les Tableaux de Raphaël, une autre pour ceux du Carrache, une suivante pour ceux des verts de rideaux que l'on tire pour eux"

 

Quelques jours plus tard, l'abbé Bourdelot reconte à son ami que le garde meuble lui a fait découvrir de merveilleuses pierres précieuses et autres gemmes, conservées également dans l'appartement intérieur du Roi

 

Avec cette visite privilégiée qu'il a autorisée, Bontemps se dit que c'était là satisfaire quelqu'un à peu de prix...

00:00 Publié dans 1682, Versailles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

16 novembre 1664: La Mauresse de Louis XIV

 


Le 16 novembre 1664, plusieurs dignitaires de la cour attendent, autour du lit, dans la chambre du Louvre où la reine Marie-Thérèse est en train d’accoucher. L’épouse de Louis XIV est bien malade depuis quelque temps, d’où cet aréopage de personnalités. Quand la délivrance vient enfin, stupeur ! Le bébé qui sort du ventre royal n’est pas du rose attendu, mais une petite fille… noire. L’abbé de Gordes, aumonier de la reine, s’évanouit pendant que Monsieur (le frère du roi) fait une moue de dégoût. Bourbon-Condé, un des plus importants princes de sang, se met à rire nerveusement et toute l’assistance à sa suite, comme le rapportera dans ses Mémoires M lle de Montpensier, la cousine germaine du Roi-Soleil.

Selon le journaliste de France Télévisions Serge Bilé, qui a enquêté quatre ans autour de cette énigme méconnue de l’histoire de France, c’est vers Nabo, l’un des nains préférés de la reine, que convergent aussitôt les soupçons. « C’était une pratique de l’époque d’avoir des nains à la cour. Notamment à celle d’Espagne où a grandi l’infante Marie-Thérèse. On ne sait pas très bien qui a donné l’esclave. Il s’agit peut-être un cadeau d’ambassadeurs du Dahomey (Bénin actuel) », explique Serge Bilé, qui vient de consacrer un livre à ce mystère*.

La reine, que l’on dit si pieuse…

Quoi ? Nabo ne se serait donc pas contenté de chastes pirouettes et d’innocentes facéties ? Comment la reine, qu’on dit si pieuse, a-t-elle pu s’enticher de son petit page noir ? « Ce n’est pas si étonnant, rétorque l’auteur. Il y avait entre les maîtresses et leurs esclaves une vraie proximité. Elles se laissaient parfois toucher des parties de leur corps. Ces jeux ont pu devenir vraiment charnels, d’autant que Louis XIV, infatigable coureur, délaissait sa femme. »

Pour enrayer le scandale qui se propage à la cour, on tente d’étouffer l’affaire, en vain. « On annonça sa mort, mais la petite fille noire fut envoyée loin de Paris, en province — peut être près de Cahors — sous la responsabilité d’un valet de confiance. » Adolescente, elle réapparaît chez les chanoinesses de l’abbaye Notre-Dame de Meaux, puis entre dans un couvent de bénédictines, aujourd’hui disparu, à Moret-sur-Loing, près de Fontainebleau. C’est dans cet édifice borgne que grandit la légende de la Mauresse de Moret, suscitant la curiosité de Saint-Simon ou de Voltaire, qui ira voir, comme beaucoup d’autres, cette religieuse « extrêmement basanée ». Il quittera le couvent avec la quasi-certitude qu’elle est la fille du roi. Ce dont elle-même s’était à tort persuadée, après les confidences malencontreuses d’un curé.

Quand elle devient religieuse en 1695 en prenant le nom de sœur Louise-Marie-Thérèse, c’est en présence de plusieurs hauts personnages. Dont sa mère, qui venait régulièrement de Versailles mais ne se laissait jamais aller à des effusions maternelles. « Elle a eu jusqu’à la fin une vie sans relief, conclut Bilé. Celle d’un destin sacrifié. »

Pascal Villebeuf et Charles de Saint Sauveur

* « La Mauresse de Moret », de Serge Bilé (Ed. Pascal Galodé)

00:00 Publié dans 1664 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |