Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

samedi, 21 mai 2016

21 mai 1610: Henri IV

CARCASSONNE

L'annonce de la mort du Roi

François Ravaillac, un catholique fanatique, vient d'assassiner notre monarque respecté Henri IV


L'affreuse nouvelle vient de parvenir dans notre bonne ville si attachée à son souverain Henry quatrième du nom, par la grâce de dieu roi de France et de Navarre.

 

On savait depuis quelques jours que le roi avait été blessé dans son carrosse alors qu'il venait d'entendre la messe; un Angoumois lui avait donné un coup de couteau le vendredi quatorzième de ce mois de mai.

 


Notre estimé évêque Hier, on apprenait dans la Cité la triste nouvelle de sa mort, grâce aux courriers expédiés par monseigneur Christophe de Lestang au juge mage: le roi n'avait pas résisté à ses blessures.

 

 

 

On sait combien notre évêque se trouve constamment en Cour puisque le défunt roi l'avait nommé membre de son conseil privé et grand maître de sa chapelle de musique.

 

Certains pouvaient même affirmer que le prélat avait prêté une somme de 18 000 livres au roi qui lui avait alors signé une promesse de remboursement et lui avait confié des papiers officiels et son épée.

 

Le bon roi l'honorait d'une estime particulière et le faisait participer à toutes les affaires concernant le clergé du royaume.

 

Les États de Languedoc lui avaient recommandé les principales interventions de notre province.


La nouvelle de la mort Dès l'arrivée des courriers, Messire Philippe de Roux, président et juge mage, fit hâte pour prévenir les édiles et tous les grands personnages de notre ville. Informé par le lieutenant général de cette province de Languedoc, Mgr le duc de Ventadour, le conseil général de la communauté s'est réuni aussitôt.

 

Le premier consul, Maître Guillaume Starquin, a représenté avec émotion le principal sujet de la réunion : il convenait de prendre garde à la sécurité de la ville, car depuis l'avènement de notre regretté souverain, nos régions avaient su profiter de quelque repos après tant d'années de guerres civiles.


Ensuite, messire de Roux a insisté sur la perte inestimable que le royaume ressentait et sur l'entente qui devait régner entre les habitants dès cette année 1610.

 

Il a exhorté l'assemblée "à vouloir être bons amis pour ensemble s'entr'aimer comme bons citoyens et ne s'épargner en rien" pour le bien général de la ville.


Les dernières paroles convainquirent les présents déjà pénétrés par l'émotion : "le bon Henri, quatrième du nom, de très heureuse mémoire, que nous devons appeler le restaurateur de la France, la merveille de tous les rois et le roi des merveilles"

 

Jean-Louis Bonnet

 

Le 14 mai 1610, le roi de France Henri IV (56 ans) se rend auprès de son ami Sully, malade. Il n'arrivera pas à destination mais sera assassiné à la faveur d'un embarras de la circulation.

 

Sa mort marque le début d'un mythe national, celui du «bon roi Henri» qui a mis fin au guerres de religion et restauré la paix civile et la prospérité...

Un roi mal à l'aise
 

Usé par une vie pleine de rebondissements extraordinaires, le roi peut en ce début d'année 1610 regarder avec quelque satisfaction l'oeuvre accomplie.

 

Mais lui-même souffre de sa mésentente avec la reine Marie de Médicis et de grands seigneurs lui tiennent rigueur de la paix conclue entre protestants et catholiques.

 

Et voilà que la situation internationale se corse avec un projet de guerre contre les souverains catholiques d'Espagne et d'Autriche, dont les troupes menacent les frontières du royaume.

 

Des prêtres manifestent leur opposition à ce qu'ils considèrent comme une nouvelle trahison du roi.

 

Parmi leurs auditeurs, un jeune homme de 32 ans, né à Angoulême dans une famille pauvre et très pieuse.

 

C'est un colosse à la barbe rousse, aux yeux clairs et profonds.

 

Il a nom François Ravaillac.

 

En 1609, Ravaillac monte à Paris, à pied, pour éliminer celui qu'il considère comme un «tyran».

 

Au passage, dans une auberge, il vole le couteau dont il se servira pour tuer le roi...

 

Complot ou acte isolé ?

Ravaillac_HousezXIX.jpg

Le 14 mai 1610, le roi quitte donc le Louvre pour rendre visite à son ami Sully dans sa résidence de l'Arsenal, à l'est de Paris.

 

Dans la matinée, le roi manifeste son agitation.

 

Complots, prédictions de voyantes, tourments amoureux... «Mon Dieu, j'ai quelque chose là-dedans qui me trouble fort», murmure-t-il.

 

En début d'après-midi, il part enfin en carrosse, avec à ses côtés quelques compagnons dont le duc d'Épernon.

 

Il n'a pas jugé nécessaire que la garde à cheval l'escorte.

 

Voilà le carrosse bloqué, rue de la Ferronnerie, près des Halles et du cimetière des Saints-Innocents, par une charrette de foin qui barre la rue.

 

Les valets qui se tiennent sur le marchepied du carrosse quittent celui-ci pour faire écarter la charrette.

 

Ravaillac, qui n'attendait que cela, se hisse sur un rayon de la roue.

 

Passant le bras par-dessus le duc d'Épernon, il frappe le roi à la poitrine de plusieurs coups de couteau.

 

Il est aussitôt maîtrisé et traîné dans un hôtel voisin puis à la prison de la Conciergerie.

 

Trop tard.

 

Henri IV meurt tandis que le carrosse rebrousse chemin jusqu'au Louvre.

 

Ravaillac est prestement jugé et, en tant que régicide, écartelé en place de Grève (l'actuelle place de l'Hôtel de ville), à Paris.

00:00 Publié dans 1610 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |