Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

jeudi, 08 décembre 2016

08 décembre 1718: Échec de la conspiration de Cellamare

Philip_V_3.jpg

Philippe V d’Espagne, bénéficiaire putatif de la conspiration de Cellamare

Le 8 décembre 1718 est découverte la conspiration de Cellamare. Ambassadeur d'Espagne à la cour de France, le duc Antonio de Cellamare projetait, avec la complicité du duc du Maine, fils naturel de feu Louis XIV, de renverser le Régent, Philippe d'Orléans, neveu de Louis XIV, et de transférer la régence au roi d'Espagne, Philippe V, petit-fils du même Louis XIV. La conspiration était téléguidée par le cardinal Giulio Alberoni, premier ministre de Philippe V.

Mais la conspiration est découverte par l'abbé Guillaume Dubois. Celui-ci est le ministre des Affaires étrangères du Régent Philippe d'Orléans. Cellamare s'enfuit sous un déguisement mais ses complices sont arrêtés. Les plus élevés en titre seront pardonnés (parmi eux le duc et la duchesse du Maine, le prince de Conti, le cardinal de Polignac,...), les autres exécutés ! Dubois obtient par ailleurs de Philippe V qu'il congédie Alberoni, lequel devra s'enfuir en Italie. Lui-même sera récompensé en 1721 par la barrette de cardinal, qui le hisse au niveau de ses prédécesseurs illustres Richelieu et Mazarin !

La conspiration de Cellamare est un complot ourdi par l’Espagne en 1718 pour retirer la régence du royaume de France à Philippe d’Orléans. Elle tire son nom d’Antonio del Giudice, prince de Cellamare, ambassadeur en France du roi d’Espagne Philippe V.

Historique

À l’instigation de l’abbé Dubois, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, la France forma la Quadruple Alliance avec l’Angleterre, la Hollande et l’Empereur, pour contrebattre les prétentions de Philippe V, petit-fils de Louis XIV, qui rêvait de porter la couronne de France, nonobstant la renonciation obtenue dans les traités d’Utrecht, en cas de décès de Louis XV.

La duchesse du Maine, épouse d’un bâtard légitimé de Louis XIV, Louis Auguste de Bourbon, intriguait contre le Régent qui, en faisant casser le testament du vieux roi, avait écarté son mari de tout rôle politique. Elle entra en correspondance avec le Premier ministre de Philippe V, le cardinal italien Giulio Alberoni.

Avec l’appui de l’ambassadeur du roi d’Espagne, un projet de complot fut bientôt tramé dans l’entourage de la duchesse. On y trouvait l’une de ses femmes de chambre, la baronne de Staal-Launay, qui a laissé d’intéressants mémoires, le cardinal de Polignac, le duc de Richelieu, et plusieurs personnages moins importants. On échafaudait toutes sortes de plans chimériques : enlever le Régent, faire attribuer la Régence à Philippe V, qui convoquerait les états généraux… L’exécution était aussi défaillante que la conception : les conjurés firent transcrire des documents compromettants qu’ils voulaient envoyer à Alberoni par Jean Buvat (1660-1729), écrivain à la bibliothèque du roi, qui, épouvanté, s’empressa d’aller tout raconter à Dubois. L'abbé le renvoya à ses copies en lui intimant l'ordre de venir lui rendre compte chaque jour.

L’abbé Dubois laissa partir les dépêches, confiées à un jeune abbé espagnol, mais le fit arrêter à Poitiers le 5 décembre 1718. Le 9 décembre, le Régent faisait arrêter le prince de Cellamare qui fut aussitôt expulsé, ainsi que tous ceux qui, de près ou de loin, avaient participé à la conjuration : le duc du Maine, envoyé à la forteresse de Doullens, la duchesse exilée à Dijon, le duc de Richelieu mis à la Bastille, etc. Tous obtinrent leur pardon quelques mois après et personne ne fut envoyé à l’échafaud.

Cette conspiration ne fut pas la seule contre la régence, il y eut aussi celle de Pontcallec. Une partie des nobles bretons voulant voir Philippe V sur le trône.

Le , la France saisit l’occasion pour déclarer la guerre à l’Espagne, ce que l’Angleterre avait déjà fait le 27 décembre.

En littérature

Les commentaires sont fermés.