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mardi, 03 janvier 2017

Lever du Roi du Mercredi

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Chaque mercredi, à son Lever, le Roi tient un cercle diplomatique.

Les ambassadeurs et les ministres étrangers viennent lui faire leur cour.

Ils peuvent, à cette occasion, obtenir de lui un court entretien, et en profite pour lui présenter des compatriotes de passage jugés digne de cette distinction, et dont les noms avaient préalablement sou mis au Roi par l'introducteur des ambassadeurs.

dimanche, 01 janvier 2017

1701: Chambre du roi

Premier étage

Aile centrale

Appartement du roi

20 Chambre du roi

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Ce n'est qu'en 1701 que Louis XIV décida d'établir sa chambre dans cette pièce.

Auparavant il y avait eu le Grand Salon du petit château de Louis XIII qui était éclairé par des fenêtres sur la cour et sur les jardins, puisque la Galerie des Glaces n'existait pas avant 1678.

La suppression des fenêtres sur les jardins entraîna le renouvellement en 1679 de toute la décoration.

Les trois portes du fond seront bouchées pour former une alcôve ornée d'une allégorie de motif sculpté et doré, qui représente « la France veillant sur le sommeil du Roi » est l'œuvre de Coustou.

Le velours cramoisi brodé d'or tendu sur les murs, en hiver, était remplacé par un damas d'or et d'argent sur fond de damas cramoisi en été.

Louis XIV avait fait orner sa chambre de très beaux tableaux.

Dans l'attique situé entre le plafond et la corniche, que supportent des pilastres corinthiens, il avait fait encastrer neuf tableaux de Valentin de Boulogne, il en reste cinq, après l'installation de l'alcôve: « Saint-Marc », « Saint-Luc », « Saint-Mathieu » et « le Tribut de César »; ils sont complétés de « Agar dans le désert », de Giovani Lanfranco

Cette dernière toile remplace la Diseuse de bonne aventure, de Valentin, aujourd'hui exposée au Louvre.
Les riches encadrements de dessus de portes renferment un portrait de François de Moncade, Marquis d'Aytona, et un autoportrait de Van Dyck, mais un « Saint-Jean Baptiste » du Caravage et une « Madeleine » du Dominiquin ont été remplacés par des sujets semblables du Valentin et de Guido Reni. L'alcôve abritait encore le « Roi David » du Dominiquin et « Saint-Jean à Patmos », alors attribué à Raphaël.
- Louis XIV, qui accordait parfois des audiences dans sa chambre, y dînait au petit couvert. Cette pièce était le théâtre des cérémonies quotidiennes du lever et du coucher du Roi. Louis XIV y décédera, à l'issue de soixante-douze années de règne, le 1er septembre 1715. 60 kilos d'or avaient été utilisés pour le brocart d'or et d'argent qui recouvrait l'ensemble du mobilier
- Louis XV, qui fera aménager sa chambre à proximité, utilisera cette pièce pour les cérémonies du lever et du coucher du Roi. Il changeait de lit lorsque les portes étaient refermées. Le souverain fera remplacer l'unique cheminée par deux autres, sur lesquelles sont placées un buste de Louis XIV par Coysevox, un pendule - baromètre, ainsi que quatre candélabres ayant appartenu au comte de Provence, frère de Louis XVI.
Ce dernier reprendra les usages de Louis XV. Il y recevra en audience solennelle, le 20 mars 1778, Benjamin Franklin et plénipotentiaires américains venus signer le traité d'amitié et de commerce entre les deux pays.
- Louis XVI paraîtra au balcon, avec la Reine et ses enfants, le 6 octobre 1789 avant de quitter définitivement le château de Versailles. Après un long retissage à Lyon ayant nécessité 8 kilos d'or, un brocart réalisé pour Marie Antoinette fut progressivement remis en place dans les années 1970. Il a servi à regarnir le lit, deux fauteuils Régence en bois doré et leurs deux carreaux, douze pliants réalisés pour les appartements royaux en 1730-1738 et les deux portières de l'alcôve. On a également retissé le tapis qui garnissait l'alcôve sous Louis XV. La chambre se présente ainsi dans un état proche de celui de l'époque Louis XV

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Chambre du roi avec le lit, la balustrade, la cheminée en marbre bleu turquin et les tableaux à l'attique

Cette chambre de parade fut réalisée sur l’emplacement du salon du roi, une pièce qui remontait à l’époque de Louis XIII.

Lors du règne de Louis XIV, elle subit maintes modifications jusqu'à son achèvement en 1701, comme celle de la construction de la galerie des glaces qui exigea la suppression des trois portes-fenêtres à l’ouest donnant sur la terrasse, remplacées par trois portes du fond qui furent bouchées pour former une alcôve.

Avec l’établissement de la chambre du roi, la pièce devint le centre physique et idéologique du château: le souverain y dînait au « petit couvert »

Chaque jour avaient lieu les cérémonies du « lever » et du « coucher » du Roi, auxquels assistaient une centaine de personnes (officiers de la chambre et de la garde-robe, courtisans, diplomates, gouverneurs) Félibien 60-61 ; Verlet 214 ; Baillie 169-99

En raison d’économie, Louis XIV fit garder une grande partie du décor primitif du salon du roi pour sa chambre.

Les dessus-des-portes comptèrent le Portrait de Francisco de Moncada et un Autoportrait par Antoon van Dyck, un Saint Jean Baptiste par Le Caravage et Marie Madeline par Le Guide.

La Saint Cécilie par Le Dominiquin fut exposée dans la voussure au-dessus de la cheminée et vis-à-vis d'une autre œuvre du peintre: Le Roi David jouant de l’harpe Félibien 61

À l’ouest se situa la ruelle (nom de l'alcôve attenante au lit) où se trouvait le lit du roi séparée de l’autre partie de la pièce par une balustrade en bois doré séparant l'espace public de l'espace privé dans lequel seuls les domestiques et les membres de la famille royale pouvaient accéder.

Le décor de la ruelle avec une ornementation d’agrafes, de volutes et de treillages sculptées anticipèrent le style Régence.

Au-dessus du lit à baldaquin surmonté de plumes d'autruche et d'aigrettes, se trouva l’allégorie en stuc de « La France veillant sur le sommeil du Roi » sculptée par Nicolas Coustou, ce bas-relief étant surmonté d'un cintre en treillage couronné de deux Renommées, œuvres de François Lespingola Verlet 214

Dans cette sculpture, la France est représentée sous la forme d'une femme avec les symboles de la royauté (femme couronnée, vêtue du manteau fleurdelisé, sceptre dans la main droite et couronne de laurier dans la main gauche, symbole d'Apollon) accoudée à un bouclier aux armes de France au milieu de trophées d'armes.

Les tentures de la ruelle et du lit (velours cramoisi brodé d’or tendu sur les murs en hiver, damas d’or et d’argent sur fond de damas cramoisi en été) furent tissées de nouveau comme projet de la restauration du château de Versailles entamé par des initiatives de la Cinquième République: la chambre restaurée fut officiellement inaugurée le 9 juin 1980 après des travaux entamés dans les années 1950, la cérémonie étant retransmise en eurovision Jean-Jacques Aillagon, Versailles en 50 dates, Albin Michel,‎ , p. 121

Les tentures originales avaient déjà été restaurées en 1763; en 1785, Louis XVI fit brûler le brocart et en récupéra plus de soixante kilogrammes d’or.

Les tentures actuelles ne sont pas des copies des tentures primitives de la chambre du roi; en effet, le brocart fut retissé d’après un dessin réalisé pour la tenture d’hiver de la chambre de la reine.

C'est seulement après le début du projet que les dessins originaux de la tenture de Louis XIV furent trouvés, en raison d’économie – le tissage était déjà en marche – la chambre du roi fut restaurée avec les tentures d’hiver de la chambre de la reine Meyer 1987; Verlet 214

Le , Louis XIV, âgé de 76 ans, y mourut.

1701: Cabinet du conseil

Premier étage

Aile centrale

Appartement du roi

21 Cabinet du conseil

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Les miroirs de la cinquième arcade de la galerie des glaces, en venant du Salon de la Guerre, recouvrent une porte, qui ouvre sur le Cabinet du Conseil.

Il y avait d'abord dans ce cabinet deux pièces: le cabinet du roi où il tenait ses différents conseils avec ses ministres et le Cabinet des Termes, où il réunissait la Famille Royale après le dîner.

Cette seconde pièce était aussi appelée le cabinet des Perruques car les perruques du Roi, dont il changeait plusieurs fois par jour, y étaient rangées dans une armoire.

ces deux pièces en une seule, et même de l'agrandir d'environ 2,50 m en gagnant sur la cour des Cerfs.


Gabriel a également dessiné les motifs des boiseries et c'est Antoine Rousseau qui a réalisé les sculptures dans le bois qui a été ensuite peint et doré.

Chaque panneau est consacré à chacun des différents conseils du Roi: la paix, la guerre, la marine.

Ce sont de petits génies qui les représentent, dans des cartouches suspendus au centre de chaque panneau.

Il s'agit là du style rocaille.

Ce cabinet du conseil jouait dans la vie du Roi et celle de la cour un rôle de premier plan.

Il était en quelque sorte le cœur de la vie du pays.

Le conseil des Ministres s'y tenait le matin, et c'est là que furent prises toutes les grandes décisions des règnes de Louis XV et de Louis XVI:
- renversement des alliances en 1756.


- Participation à la guerre de l'Indépendance américaine en 1175...


Le roi y accordait aussi des audiences particulières, il y présidait les chapitres de l'Ordre du Saint-Esprit, il y recevait le défilé de toute la Cour venue lui présenter, suivant les circonstances, félicitations ou condoléances, il s'y faisait représenter les dames portant un titre de noblesse, il y écoutait même la harangue des harengères, les marchandes de poissons de Paris qui avaient le droit de venir lui dire ce qu'elles pensaient en certaines occasions.


Cette pièce prestigieuse méritait plus que toute autre que l'on reconstitue son ameublement.

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Cette pièce devint cabinet du conseil avec la construction du salon de la guerre, qui fut érigé sur l’emplacement du salon de Jupiter – la pièce qui servit comme salle du conseil au sein du Grand Appartement du Roi.

Primitivement surnommée cabinet du roi à partir de 1684, la pièce fut réaménagée en 1701 avec un nouveau décor qui présenta les murs lambrissés avec des glaces; par conséquent, cette pièce fut rebaptisée cabinet des glaces.

En dépit du luxe des glaces, la pièce fut meublée de manière utilitaire: en plus de la table de conseil dressée avec une nappe en velours, il y eut trois fauteuils, douze tabourets pliants et une chaise-longue qu’utilisa Louis XIV en 1686 lors de la crise de la fistule anale Félibien 65; Piganiol de la Force 123-124; Verlet 217

 

De toutes les pièces de l’appartement du roi, cette pièce fut une expression des goûts personnels de Louis XIV.

En plus de la collection des bijoux, le décor présenta des œuvres par Nicolas Poussin et Giovanni Lanfranco et un clavecin.

Les caractéristiques personnels de cette pièce furent contrebalancés par le fait que c'est dans cette pièce que Louis XIV gouvernait la France: des conseils y furent convoqués; Louis XIV y reçut les écrivains et les artistes chargés de diffuser sa gloire; et des audiences particulières y eurent lieu Verlet 217

La dernière pièce de l’appartement du roi de l’époque de Louis XIV fut le cabinet de termes.

Ainsi surnommé en raison du décor qui présentait vingt termes, cette pièce fut également connue comme le cabinet des perruques parce que Louis XIV y fit ranger ses perruques.

La pièce servit comme garde-robe où le roi changeait de perruque, de chemise ou de chapeau à maintes reprises chaque jour.

Le soir, Louis XIV faisait assembler ses enfants, les membres de sa famille et ses courtisanes préférées Félibien 347; Verlet 220

Le cabinet des glaces et le cabinet des termes furent supprimés en 1755 lorsque Louis XV commanda une nouvelle salle du conseil – la pièce actuelle. Ange-Jacques Gabriel fut chargé avec la décoration et les boiseries furent le chef-d’œuvre de Jules-Antoine Rousseau Verlet 316

mercredi, 16 novembre 2016

16 novembre 1682: Le Roi rentre à Versailles

Le Roi, la Reine, le Dauphin, la Dauphine, Monsieur et Madame quittent Fontainebleau et retournent à Versailles où ils retrouvent le duc de Bourgogne en "parfaite santé"

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Les courtisans, malgré les travaux, prennent peu à peu leurs habitudes dans ce vaste palais en construction

 

il faut dire que le Roi met tout en oeuvre pour les divertir

 

il a chargé Bontemps d'officialiser les soirées d'appartement qui se tenaient irrégulièrement depuis quelques années au château:

"Telle est la bonté que fait paroître le Roy depuis son retour de Fontainebleau (le 16 novembre 1682), en permettant l'entrée de soin grand appartement de Versailles, le lundy, le mercredy et le jeudy de chaque semaine, pour y jouer à toutes sortes de jeux, depuis 6 heures du soir jusqu'à 10 heures"

 

Afin que tout se passe au mieux, une foule de garçons bleus, placés sous les ordres de l'intendant du château, préviennent les désirs des invités et servent à chaque table

 

Bontemps à l'oeil à tout

 

 commence à bien connaître le parcours de ces soirées qui ne se tiennent plus nécessairement à jour fixe, mais au bon vouloir du souverain trois fois par semaine

 

Et pour faire profiter son ami Pierre Michon, homme de sciences et d'esprit, de ces "assemblées", il l'invite à arpenter avec lui toute l'enfilade du Grand Appartement

 

L'ancien médecin de Christine de Suède et de la famille de Condé, qui se fait aussi appeler abbé Bourdelot depuis qu'il a pris la soutane après une ambassade à Rome en 1634, est encore bien alerte pour ses 72 ans

 

L’abbé Pierre Michon Bourdelot 

 

médecin et un anatomiste français

 

né en 1610 

mort en 1685

 

Il est le médecin de la famille de Condé à Paris.

 

Dans les années 1640, il organise un cercle se réunissant deux fois par mois, il est fréquenté par des scientifiques, mais aussi des philosophes et des écrivains.

 

Après une interruption due aux troubles politiques, le cercle reprend ses activités en 1664 jusqu’en 1684.

 

Il est alors fréquenté par de nombreux scientifiques parisiens comme Joseph Guichard Duverney (1648-1730)

Liste partielle des publications

  • 1671 : Recherches et observations sur les vipères, faites par Mr Bourdelot, répondant à une lettre qu'il a receue de Mr Redi1 (C. Barbin, Paris).
  • 1672 : Conversations de l'Académie de monsieur l'abbé Bourdelot, contenant diverses recherches, observations, expériences et raisonnements de physique, médecine, chymie et mathématique, le tout recueilly par le Sr Le Gallois ; et le parallèle de la physique d'Aristote et de celle de Mons. Descartes, leu dans ladite Académie (T. Moette, Paris)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57427t

 

"Vous voyez-vous, cher ami, chaque pièce joue un rôle particulier dans ces soirées

 

L'entrée commune se fait généralement par l'Escalier du Roi bien que les privilégiés, et Madame se fait un point d'honneur à ne ps y accéder autrement, préfèrent l'entée directement par la galerie

 

(Voir la lettre à sa belle-soeur Wilhelmine Ernestine du 6 déc 1682, citée et traduite dans Dirk Van Der Cruyse, Madame Palatine, Paris, Fayard 1988.p.282)

 

On accède à cette dernière par le salon commun au roi et à la reine (salon commun au roi et à la reine qui en 1684, devient le salon où le roi s'habille puis à partir de 1701, la chambre de Louis XIV) et l'entrée de l'Appartement se fait alors par le salon de la Guerre"

 

 

   

 

Tout en discourant sur les beautés de la galerie dont les décors ne sont pas encore achevés, les deux compères poursuivent leur visite

 

Depuis le grand salon du bout de l'appartement du roi, ils pénètrent dans la chambre du trône (salon d'Apollon) qui est consacrée à la musique et à la danse

 

ils passent ensuite dans la chambre du lit

 

 

où une table pentagone, une carrée et une en triangle sont réservées pour le jeu du roi, celui de la reine et celui de toute la Maison Royale,

"mais quoy que ces Tables soient marquées pour eux, ils ont la bonté de se méler avec tous ceux qui jouent dans les Chambres suivantes"

 

"Les divertissements commencent réellement à partir du salon de Mars qui accueille "l'assemblée des joueurs"

 

Comme vous le voyez, plusieurs jeux se trouvent dans cette pièce:

"Un Trou-Madame de marqueterie, posé sur une Table de Velours vert, entouré de Pentes de Velours cramoisy à Frange d'Or, est au milieu de la chambre

 

Une table quarrée, quatre en triangle et six pans sont autour (...)

 

on joue sur ces tables à plusieurs sortes de jeux de cartes, ainsi qu'à divers jeux de hasards"

 

"Mais monsieur Bontemps, que de monde joue ici, "il y en a tant, que je n'en sçaurois pas dire le nombre et tant de sortes de Jeux, qu'il y en a plus de la moitié dont je ne sçay seulement pas le nom!"

 

Le jeu se poursuit dans le salon suivant

 

celui de Diane où, comme lui dit son ami:

 

"Il y a un Billard d'une grandeur extraordinaire; il est dans une Chambre que j'apelle la Chambre des aplaudissemens. On y fait de beaux coups: il y a d'excellens Joueurs"

 

 

"Au-delà, poursuit Bontemps, le salon de Vénus est destiné à recevoir la collation, composée de fruits crus, de citrons, d'oranges, de pâtes et confitures sèches de toute sorte"

 

 

 

Enfin le salon de l'Abondance accueille les buffets: l'un pour  les boissons chaudes (café et chocolat) et les deux autres pour les liqueurs, les sorbets, les eaux de plusieurs sortes de fruits et de vin

 

D'ailleurs les confitures viennent à manquer

 

D'un geste imperceptible qu'un oeil peu averti ne peut saisir, mais que connaissent parfaitement les valets intérieurs, Bontemps commande un nouvel approvisionnement

 

Voilà une visite rondement menée

 

Les deux marcheurs ont pu admirer tout à leur aise, dans une clarté éblouissante que permettent des milliers de bougie, le sublime mobilier d'argent massif savamment disposé dans tout le Grand Appartement et que le souverain se plaît à amasser depuis 20 ans

 

Combien de scabellons, de tables, de torchères, de bassins de ce métal précieux contiennent tous ces salons?

 

On ne saurait le dire,  mais il y en aurait "pour plus de 6 millions d'argenterie!"

 

Pierre Michon entend profiter pleinement de son compagnon et de ses introductions

 

Il sait le personnage puissant; il va pouvoir lui ouvrir certaines portes que le tout-venant n'entreverra jamais

 

Il reconnait volontiers Bontemps, comme l'un de ses "anciens amis", lequel " le fit conduire dans le petit appartement du Roy, où Sa Majesté se retire" afin qu'il vît tout

 

Si une grande partie du château est ouverte aux visiteurs, y compris la chambre du Roi dans laquelle il faut saluer dignement le lit, cette partie septentrionale en retour sur la cour de Marbre est totalement privée

 

N'y entrent que la famille royale et les personnes les plus autorisées

 

Bontemps et son compagnon empruntent donc la porte, soigneusement gardée par un huissier, qui depuis le cabinet des Termes conduit à l'appartement intérieur du Roi

 

L'intendant regarde briller les yeux de son hôte au milieu de tant de merveilles

 

Malgré sa connaissance parfaite des lieus, Bontemps admire toujours lui aussi les chefs d'oeuvre qui y sont exposés

 

Ils se font accompagner dans leur exploration par le sieur Turola, garde meuble du château (Dominique Léonard Turola, romain de naissance, fit franciser son nom en Tourolle)

 

"Chaque chambre a des originaux des plus fameux Peintres d'Italie, la première est pour les Tableaux de Raphaël, une autre pour ceux du Carrache, une suivante pour ceux des verts de rideaux que l'on tire pour eux"

 

Quelques jours plus tard, l'abbé Bourdelot reconte à son ami que le garde meuble lui a fait découvrir de merveilleuses pierres précieuses et autres gemmes, conservées également dans l'appartement intérieur du Roi

 

Avec cette visite privilégiée qu'il a autorisée, Bontemps se dit que c'était là satisfaire quelqu'un à peu de prix...

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mardi, 15 novembre 2016

15 novembre 1684: Inauguration de la Galerie des Glaces

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17 portes-fenêtres sur jardin se reflètent dans les 17 panneaux composés de 357 miroirs, les plus grands que l'on sût confectionner à l'époque...

 

      

Versailles est, alors, un véritable laboratoire de ce qui se fait de mieux dans le domaine des Arts appliqués. Les techniques les plus innovantes y sont testées, et l'édification du Palais marque le triomphe simultané des Arts, de l'Industrie, de la Technique, domaines dans lesquels la France innove, progresse et gagne, comme on dit aujourd'hui.

Ou : quand une authentique politique de civilisation rejoint l'économie, la plus saine et la plus bénéfique...

L'Art est, en effet, inséparable du développement économique de la France, voulu par Louis XIV et Colbert.

     

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Un seul exemple: l'industrie française du verre est née, en 1693, lorsque Louis Lucas de Nehou fusionne les deux manufactures royales crées par Colbert pour Versailles et sa Grande Galerie (dite précisément "des Glaces"...) et lorsqu'il rachète... le domaine de Saint Gobain !

   
Une première société avait été créée en 1665, dans le cadre du plan de relance économique de la France voulu par Louis XIV et Colbert. Confiée à des entrepreneurs privés, la société a rompu dès l'origine avec la tradition artisanale des manufactures en organisant la production de la glace selon une logique industrielle.

 

Grâce à une invention technologique décisive, le coulage du verre en table (1688), elle s'empare d'un quasi-monopole en Europe au XVIIIème siècle et prend le relais de Venise.

 

 

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"Nos rois ont toujours été modernes et innovants. Comment auraient-ils fait la France s'ils ne l'avaient pas été ? Qu'on se pose la question: la France serait-elle devenue la France si ses rois n'avaient pas favorisé le progrès dans les arts, dans les sciences, dans l'agriculture ou dans l'industrie ?...

 

Dans le domaine des arts, aucun roi n'aurait eu l'idée de s'installer dans les meubles de son prédécesseur. Chacun a imprimé son style à son époque et, ce faisant, tous ont favorisé la commande publique. Les monuments qu'ils nous ont légués font encore aujourd'hui la fortune des collectivités locales et de l'Etat, qu'il s'agisse de Versailles, des châteaux de la Loire ou de la Sainte-Chapelle, à Paris - sans oublier tous les "palais" où sont installés les ministères, le Parlement et bon nombre d'institutions françaises...

 

Les Capétiens ont établi les conditions du développement de notre économie. Ils ont créé le cadre propice au rayonnement culturel de la France..." 

 

(Jean d'Orléans, duc de Vendôme, Un Prince français, Pygmalion, page 241).

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On en saura plus sur la naissance de cette industrie française du verre en cliquant sur le lien suivant :

 

 

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http://www.jetons-monnaie.net/p/stgobain.html

 

 

 

Mais la Galerie des glaces renferme aussi un autre chef d'oeuvre que ses miroirs : le plafond de la Galerie, oeuvre magistrale de Le Brun :

 

http://www.galeriedesglaces-versailles.fr/html/11/collect... 

 

 

           

Quelques chiffres :

 

 - Surface de la galerie  : 800 mètres carrés

 - Longueur                     : 73 mètres

 - Largeur                       : 13 mètres

 - Hauteur                      : 12,5 mètres

 - Marbres                      : 1.1000 mètres carrés

 - Peintures                    : 1.000 mètres carrés

 - Glaces                        : 357

 - Portes-Fenêtres        : 17 

 

Voir notre album Racines (IV) : Versailles, le Palais-temple du soleil