Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

mercredi, 12 avril 2017

12 avril 1707: De Guethem

11138175_459818077501815_514208873602189823_n.jpg

10417608_459818084168481_8409333307414986772_n.jpg

De Guethem

Louis XIV ayant donné à Guethem le choix de la ville qu'il voulait pour prison, il demanda d'aller à Troyes et on lui donna 200 louis d'or pour son voyage

Guethem quitte Paris pour se rendre à Reims avec 200 louis d'or que lui avait donné Monsieur de Béringhem en attendant d'être échangé

(Journal de Dangeau Tome II P. 344)

Il y eut seulement un officier qui fut arrêté au Pont de Sèvres

On le mena en prison dans le château de Sèvres, mais il ne voulut rien avouer que le lendemain (27 mars)

Quelqu'un voulut le menacer et le traita de voleur; mais il répondit fièrement qu'il était officier de Sa Majesté Charles III et que le même traitement qu'on lui ferait les gens de son parti le feraient à celui qu'on venait de nommer M. le Premier

Le Roi dit qu'il y avait plus de 15 jours qu'il savait qu'il était rentré en France

un parti des ennelmis pour faire quelque coup de conséquence; que le comte de Saillant, gouverneur de Namur, lui avait mandé que ce parti était passé et qu'il ne doutait pas que le commandement n'eut le dessein d'enlever Monseigneur ou le Duc de Berry ce qu'ils auraient fait très facilement

Ces deux princes étaient venus prendre un loup dans la plaine de Billancourt

Le soir vers 10 H, il arriva un courrier qui apporta la nouvelle de la délivrance du marquis de Béringhen

Sur l'avis de son enlèvement porté de tous côtés par les courriers, un capitaine du régiment de Livry nommé Montaigu qui était en quartier d'hiver à Ham était monté à cheval avec ?0 maîtres qu'il avait divisés en plusieurs petites troupes afin de battre plus de pays, et entre autres, il avait donné 6 cavaliers au maréchal des logis de sa compagnie nommé Grandpré

Ce dernier avait trouvé la piste de ceux qui emmenaient le marquis lesquels marchaient à travers champs;

au bout de quelques temps, ayant aperçu la chaise il ordonna aux 6 cavaliers de le suivre de leur mieux

Les chevaux de 4 d'entre eux n'ayant pas à le suivre et les deux autres ne la suivant que de loin, il avait pris le parti de le joindre pour amuser le partisan

En effet, il l'avait joint de vitesse et l'avait sommé de se rendre

Embuscade en deça du Pont de Sévres, du côté de Paris

Les gardiens du pont qui avaient entendu le coup de pistolet arrêtèrent le cavalier qui se présentait pour le passer et le remirent entre les mains d'un brigadier de la Prévôté

Bientôt après le carrosse arriva au lieu de l'embuscade

Guethem mit la tête à la portière et dit d'un ton d'assurance et d'honnêteté au marquis de Béringhem qu'il l'arrêtait par ordre de Sa Majesté

Louis XIV informé du fait à 10 H du soir fit sur le champ expédier des ordres pour qu'on gardât tous les passages de frontière

Guethem était à peine sorti de Senlis qu'il entendit sonner le tocsin dans plusieurs villages

Guethem prisonnier à son tour fut conduit à Versailles et le Roi remit son sort à la discrétion de son écuyer qui fut lui-même assez généreux pour lui pardonner.

vendredi, 31 mars 2017

31 mars 1707: Pierre de Guethem

 

Jeudi 31 mars 1707

 

Le Roi donne l'abbaye de Saint-Rémy de Villers-Cotterêts au diocèse de Soissons à la dame d'Auvergne Louise Emilie de La Tour, religieuse et après la messe alla à Marly, au Trou d'Enfer,où il a fait la revue des quatre compagnies des gardes du corps et des grenadiers à cheval dont il fut très content

 

Le colonel Guethem était à la revue sur un cheval de l'écurie du Roi

 

Et le Roi lui dit:

"Monsieur le Premier se loue fort  des traitements qu'il a reçu de vous, on ne saurez  faire la guerre trop honnêtement"

 

"Sire, répond Guethem, je suis étonné de me trouvé devant le plus grand roi du monde  et qui me fait l'honneur de me parler que je n'ai pas la force de lui répondre"

 

Puis le Roi revient à Versailles

dimanche, 04 décembre 2016

04 décembre 1659: Naissance de Pierre de Guethem

pierre-de-guethem.jpgCouverture

Pierre de Guethem est un musicien et militaire français né le 04 décembre 1659 à Tourcoing.

 

http://ghestem.net/actes/183pierre04_12_1659.jpgCouverture

 

Pierre de Guethem vient au monde à Tourcoing le 04 décembre 1659

 

né de Jacques Guethem et de Marie Tiberghien

 

sur l'acte 163 il n'y a pas de date de précisé seul une date figure sur l'acte précédent.

 

l'acte dit seulement Baptis fuit ponantius Guelhem filies Jacobi et Catharine Ayborohim fuis ciptozis natalis Ayborohim et maria Courtauls.

 

  de Jacques (Jacobi) Guethen et Catherine Tÿberohien (?) ayant pour parrain un certain Tÿberohien et comme marraine Maria Courtauls.

 

 

Une rue de la ville porte son nom, ainsi qu'un géant de la ville de Tourcoing.

tourcoing_pierre-20de-20guethem1_1.jpgCouverture

 

Son histoire a été relatée par trois écrivains.

Biographie 

.

 

Bientôt, le pillage et le feu ravagent le bourg.

 

Les habitants se réfugient aux quatre coins de l’Europe.

 

A vingt ans, Pierre débarque dans les Pays-Bas espagnols sans un « rouche doupe » en poche et se place comme valet de pied. (Serviteur en livrée qui escorte son maître, l'aide à monter ou descendre de voiture, etc)

 

Il connaît le solfège, un brin de violon.

 

Son maître, Fichier:Joseph Vivien 001.jpgCouverture Maximilien-Emmanuel de Bavière, amateur de musique, le prend dans son orchestre.

 

Un jour, Maximilien part pour la guerre et il emmène ses joueurs avec lui.

 

Sur les champs de bataille, notre Tourquennois se découvre une âme de soldat.

 

http://www.cmhg-phmc.gc.ca/cmh/book_images/high/v1_c3_s02_ss00_03.jpgCouverture

Il échange son violon et son archet contre un mousquet et des balles.

http://www.famillesdaujourdhui.com/data/Image/Loisirs/ChroniquePHPerrier/photo_9_tir_au_mousquet_au_fort_chambly.jpgCouverture

 

A lui les coups de mains, les coups de ruse, le corps à corps.

 

Au siège de Vienne, il arrache aux Turcs un étendard de soie. 

Pierre-de-Guethem-3935.JPGCouverture

 

Il envoie le trophée à Tourcoing où il existe toujours au musée du Carillon.

 

Le 12 septembre 1683, après deux mois de siège, les Turcs échouent à s'emparer de Vienne.

 

L'Empire Ottoman_ le 2ème Siége de Vienne
envoyé par Abal_hassan.

http://www.dailymotion.com/video/xc3raf_l-empire-ottoman-...

 

C'est la deuxième (et dernière fois) que la ville doit affronter un siège par les Turcs, le premier siège ayant eu lieu en 1529.

Victoire de justesse

CouvertureTout est venu de dissensions entre paysans et nobles hongrois. Les Turcs du sultan Mehmet IV ont voulu en tirer parti pour élargir un peu plus leur sphère d'influence en Europe centrale. C'est ainsi que le grand vizir Kara Mustapha (Kara Moustafa, dit le Noir) s'allie ainsi au roi de Hongrie Étienne Tokoly.

Tandis que le Hongrois entreprend le siège de Presbourg (aujourd'hui Bratislava), le sultan met le siège devant Vienne le 14 juillet 1683 avec des forces considérables (200.000 hommes, dit-on).

Soumise à un siège impitoyable, la capitale des Habsbourg est défendue avec acharnement par le comte Rüdiger Starhemberg et le bourgmestre Andreas Liebenberg.

Vienne est libérée in extremis grâce à une armée de 65.000 hommes venue du nord, composée pour moitié de Polonais ainsi que d'Allemands et d'Autrichiens.

CouvertureCommandée par le roi de Pologne Jean III Sobieski et le duc Charles de Lorraine, cette armée de renfort passe sur la rive droite du Danube puis déboule sur les Turcs des hauteurs du Kahlenberg, à l'ouest de Vienne.

Les janissaires du grand vizir se battent jusqu'au dernier mais le reste de l'armée ottomane se retire en désordre, abandonnant sur place canons et provisions.

Le premier café-croissant

Ayant échoué à s'emparer de Vienne, les Turcs s'enfuient précipitamment en laissant sur place leurs provisions. C'est ainsi que les Viennois récupèrent 500 sacs de café... ce qui leur vaut d'être les premiers Européens à siroter une tasse de café.

Dans le même temps, les boulangers de la ville, qui se flattent d'avoir donné l'alerte lors d'une tentative d'attaque nocturne des Turcs, commémorent leur exploit en confectionnant des pâtisseries en forme de croissant (l'emblème des Turcs). De là le café et les «viennoiseries» (spécialités de Vienne)qui accompagnent nos réveils matinaux.

Couverture De retour à Istamboul, le grand vizir Kara Moustafa est décapité par le sultan.

Pendant ce temps, l'empereur Léopold 1er fait une entrée triomphale dans Vienne et, dans la foulée, part à la conquête de la Hongrie et de la Transylvanie, sous domination ottomane.

Vienna gloriosa

Le conflit entre Turcs et Autrichiens va s'achever par les victoires du prince Eugène de Savoie et la paix de Karlowitz (1699). C'en sera fini des menaces ottomanes en Europe occidentale. Alors viendra l'apogée de Vienne. Ce sera l'époque de la «Vienna gloriosa»

 

Fichier:Juliusz Kossak Sobieski pod Wiedniem.jpegCouverture

12 septembre : Bataille de Kahlenberg.

Le roi Polonais Jean III Sobieski repousse le grand vizir Turc, Kara Mustafa, arrivé aux portes de Vienne à la tête de 180 000 hommes.

Fichier:Bitwa pod Wiedniem Brandt.jpgCouverture

Informations générales
Date 12 septembre 1683
Lieu Au Kahlenberg près de Vienne, Autriche
Issue Victoire stratégique décisive de la coalition chrétienne
Belligérants
Sainte-Ligue :
Banner of the Holy Roman Emperor (after 1400).svgCouverture Saint-Empire romain germanique
Flaga Rzeczpospolitej Obojga Narodow.svgCouverture République des Deux Nations
Ottoman Flag.svgCouverture Empire ottoman
Commandants
Flaga Rzeczpospolitej Obojga Narodow.svgCouverture Jean III de Pologne
Banner of the Holy Roman Emperor (after 1400).svgCouverture Léopold Ier
Ottoman Flag.svgCouverture Grand Vizir Kara Mustafa
Forces en présence
70 000 250 000
Pertes
4 000 tués 15 000 tués
Deuxième guerre austro-turque de 1683-1697

 

 

 

Couverture La légende dit que le croissant, viennoiserie fort populaire en France, fut créé par les boulangers de Vienne pour célébrer cette victoire. Une autre version attribue l’invention du croissant, toujours en 1683, à un cafetier de Vienne. Ayant récupéré des sacs de café laissés par les Turcs lors de leur fuite, il aurait eu l’idée de servir du café accompagné d’une pâtisserie en forme de croissant, en souvenir de la défaite de l’occupant.

Ce serait Marie-Antoinette d’Autriche, originaire de Vienne, qui aurait officiellement popularisé le croissant en France à partir de 1770.

 

 

 

Guethem poursuit sa course à travers les combats.

 

On cite ses faits d’armes à la campagne de Hongrie, aux prises de villes de Neufchâtel, de Bade, de Belgrade.

 

Un jour de 1702, le général en chef Couverture Carignan charge le major Guethem d’assiéger Crémone.

                                                                           Bataille de Crémone
Informations générales
Date 1er février 1702
Lieu Crémone, Italie
Issue indécise
Belligérants
Royaume de FranceCouverture Royaume de France Drapeau: Empire d'AutricheCouverture Empire d’Autriche
Commandants
François de Neufville de Villeroy Eugène de Savoie-Carignan
Pertes
~ 1 200 hommes ~ 1 200 hommes
Guerre de Succession d'Espagne

 

 

La ville, ceinturée de remparts et défendue par le Couverture  maréchal de Villeroy, semble imprenable.

2ème marquis de Villeroy, duc de Villeroy (1685) Capitaine des gardes du corps du roi, gouverneur du roi, ministre d’Etat et chef du conseil des finances, chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit, Maréchal de France

  • 1650 : Gouverneur et Lieutenant général du Lyonnais, Forez et Beaujolais en survivance de son père à l'âge de six ans.
  • 1672 : fait colonel au régiment d'infanterie du Lyonnais, nommé brigadier d'infanterie des armées de Monsieur le Prince.
  • 1674 : maréchal de camp (1674).
  • 1677 : lieutenant général.
  • 1688 : chevalier des ordres du roi (31 décembre 1688).

Avec la permission du roi, il cède son titre de duc à son fils lors du mariage de celui-ci avec Marguerite Le Tellier de Louvois (1694), tout en en gardant l'appelation et le rang.

 

Très insuffisant et malheureux lors de la guerre de succession d'Espagne, il reçoit son congé mais n'est pas disgracié.

  • 1714 : Ministre d'Etat, chef du Conseil royal des finances.
  • 1717-1722 : gouverneur de Louis XV.
  • 1722 : chassé et exilé à Lyon par lettre de cachet du Régent, il rentre à Paris en 1724.

Saint-Simon, beau-frère de sa femme, le mentionne environ 500 fois dans ses mémoires.
(Mort le 18 juillet 1730 selon Dict. des maréchaux)

 

 

Guethem apprend qu’un ancien égout passe sous les remparts et aboutit au cœur même de Crémone chez un chanoine, le chanoine Cassoli.

 

Pierre Guethem arrive à faire savoir à don Cassoli qu’il lui donnera un évêché s’il consent à déboucher l’égout.

 

Marché conclu.

 

Par l’ouverture déblayée, Guethem et ses hommes se répandent la nuit dans Crémone et ouvrent les portes de la ville aux assiégeants.

 

Le maréchal de Villeroy est fait prisonnier et toute la garnison avec lui.

 

Du coup, Guethem connaît la gloire : il est anobli et reçoit le grade de colonel.

 

Dans les années qui suivent il s’offre une débauche de batailles.

 

Sous les ordres du fameux Malborough, il joue encore un tour au maréchal de Villeroy et gagne la bataille de Ramillies.

 

Quand les troupes rançonnent les Flandres, la consigne est formelle : épargner gens et biens de la paroisse de Tourcoing.

 

Le diable le poussant, Guethem décide au printemps de 1707 un coup sans pareil : s’emparer du dauphin de France.

 

Avec une trentaine de partisans déguisés en marchands de chevaux, il traverse les lignes de feu et arrive à Versailles.

 

 

Pendant ce temps, Louis XIV et sa sœur chassent le loup en forêt de Marly.

 

Pierre de Guethem poste ses hommes derrière les arbres, au lieu-dit « le Point du Jour »

 

Quand, en grand équipage, palefreniers devant et derrière, passe le carrosse aux armes de France, de Guethem et ses amis se précipitent au-devant des chevaux.

Le colonel ouvre la porte.

Ce n’est pas le dauphin qu’il trouve assis sur les coussins du carrosse mais un homme d’âge, M. de Béringhem, qu’on appelle à la cour M. le Premier.

Pierre de Guethem se montre plein d’égards pour son prisonnier.

Il l’installe dans une chaise à porteur et on se hâte vers la route de Flandre.

 

Entre-temps, le carrosse aux armes de France est revenu à vide au château de Versailles.

Le roi Louis XIV éclate de colère, les dames de la cour s’évanouissent, la police est sur les dents dans tout le pays.

 

Les soldats du roi rattrapent de Guethem en Picardie.

 

Il devient à son tour prisonnier.

 

A son tour aussi M. le Premier se montre plein d’égards pour lui et le ramène à Paris.

 

Pierre de Guethem a passé sa vie à donner du fil à retordre aux armées de Sa Majesté, a emprisonné un maréchal à Crémone et a essayé par-dessus le marché de s’emparer du fils du roi.

 

Va-t-on le pendre haut et court ?

 

Que nenni.

 

Au Grand Siècle, on traite les gens de guerre avec bien plus d’élégance.

 

Louis XIV remet à M. de Béringhem le sort de son ravisseur.

 

Alors, M. le Premier ouvre à deux battants au colonel de Guethem les salons de Versailles.

 

On lui pardonne de si bon cœur qu’on l’invite peu de jours après à la revue des gardes du corps.

 

Sur un cheval des écuries du roi, Pierre de Guethem caracole aux côtés de Jacques II d'Angleterre, du dauphin de France et de Mgr le duc de Bourgogne.

 

Après la revue, voici le roi.

 

De Béringhem présente de Guethem à Louis XIV :

- Monsieur le Premier, dit le roi, se loue fort des traitements qu’il a reçus de vous. On ne saurait faire la guerre trop honnêtement...
- Sire, répond le Tourquennois, je suis si étonné de me trouver devant le plus grand roi du monde et qui me fait l’honneur de me pardonner que je n’ai pas la force de répondre.

Louis XIV se montre fort aise de cette réplique, toute la cour répète la phrase.

 

Jeudi 24 mars 1707 : Versailles :

 

Le roi dîna de bonne heure et alla se promener à Marly

Monseigneur et Monseigneur http://img207.imageshack.us/img207/131/clipimage002c.jpgCouverture le duc de Berry (Petit-fils de Louis XIV, et troisième fils du Grand Dauphin et de Marie-Anne-Christine de Bavière ) coururent le loup, qu’ils prirent sur le bord de la rivière en deçà, près du pont de Sèvre.

La forêt de Marly, ou jusqu'au XVIIIe siècle forêt de Cruye, est une forêt domaniale de 2000 ha située dans les Yvelines à 15 km environ à l'ouest de Paris, entre Saint-Germain-en-Laye et Versailles. Elle s'étend sur une longueur d'environ 12 km d'est en ouest sur les communes de Louveciennes, Marly-le-Roi, Saint-Nom-la-Bretèche, Feucherolles... C'est un ancien domaine de chasse des rois de France, puis des présidents de la république. Elle est entaillée, depuis 1935, dans toute sa longueur par l'autoroute de Normandie (A13)

 

Le soir, il y eut comédie

Monsieur le premier qui avait suivi le roi à Marly et qui était parti d’ici pour Paris à 7 heures, fut arrêté entre la ferme qui est à MM de Saint-Victor et le cabaret qu’on appelle le Point-du-Jour.

Il était dans son carrosse ; on le fit monter sur le septième cheval de son attelage, sur lequel était monté le valet ou cocher qui lui portait son flambeau.

Le carrosse revint ici, et l’on apprit par le cocher et les valets de pied qui le suivaient que M. le Premier avait été enlevé par 12 ou 15 hommes à cheval.

On en rendit d’abord compte au roi, qui envoya ordre à M. de Chamillart, qui était à l’Etang et à M. de Torcy, qui était à Paris, aux deux autres secrétaires d’Etat qui étaient restés à Versailles de faire partir des courriers pour aller en diligence sur les frontières avertir les gouverneurs d’envoyer des troupes sur tous les passages ; car le roi ne douta point que ce ne fût un parti des ennemis, d’autant plus qu’il était averti qu’un de leurs partis était entré dans l’Artois sans y faire aucun désordre et qu’il n’était point retourné dans leurs places.
Le roi, avant de se coucher, sut qu’on avait arrêté à Sèvres un homme à cheval qui ne parlait pas bien le français et qui apparemment était de ce parti là ; n le fait interroger, et on aura par lui quelque éclaircissement.
Le roi fit monter à cheval un brigadier avec 20 gardes pour aller droit à Saint-Denis, M. de Béringhem, fils de M. le Premier, monta à cheval aussi avec des écuyers et des pages du roi, et l’on prend tant de mesures qu’on redoute pas qu’on ne rejoigne ces gens là et qu’on ne délivre M.  le Premier, qui par sa santé n’est pas en état qu’on puisse faire faire une grande diligence.

Si Monseigneur, à sa chasse, est passé la rivière et que la nuit fût survenue, peut-être aurait-il été en quelque danger, car on ne doute pas que ces gens-là n’eussent de plus grands desseins que celui d’enlever un particulier.

(Ce parti avait résolu d’enlever Monseigneur ou un des princes ses fils : c’est pour cela qu’il demeura si longtemps sans rien faire.

Enfin lassés d’attendre, dans la peur d’être découverts, trompés encore par la livrée et le carrosse du roi, ils enlevèrent le premier écuyer.

 

Le roi en fut piqué à l’excès, et toutefoishttp://img18.imageshack.us/img18/307/pierredeguethem.jpgCouverture GUESTHEM en fut traité avec des faveurs et couru de tout le monde, et à Paris, aux spectacles, des bourgeois et du peuple avec une admiration singulièrement indécente.

 

http://img207.imageshack.us/img207/8325/clipimage001keg.jpgCouverture

Michel Chamillart

(Paris 2 janvier 1652 - Paris, 14 avril 1721) est un homme politique français. Il est issu d'une famille de robe : son père Guy Chamillart est procureur puis intendant. il commence sa carrière comme conseiller au Parlement de Paris en 1676, avant de devenir maître des requêtes en 1686, puis intendant de Rouen en 1689 et 1690. Apprécié par Louis XIV, avec qui il joue au billard, il est protégé à la Cour par Madame de Maintenon, ce qui lui permet d'intégrer les services centraux de l'administration du royaume à Versailles. Il est nommé contrôleur général des finances en 1699 et secrétaire d'État à la guerre l'année suivante.

 

On invite partout le colonel, on lui donne des gens pour le servir, il va au théâtre, il écoute les concerts dans les salons.

 

On le comble de cent manières.

 

Il voudrait bien quand même revenir à Tourcoing.

 

Quand il quittera Paris M. le Premier le suppliera d’accepter une bourse pleine de pièces d’or.

 

La vie de panache de Pierre de Guethem s’arrête là.

 

Il rentrera bien sage en sa paroisse Saint-Christophe pour y mourir deux ans plus tard.

 

Site des Ghestem