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lundi, 02 octobre 2017

02 octobre 1724: François-Timoléon de Choisy

 

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François-Timoléon de Choisy

 

 

abbé de Saint-Seine en Bourgogne, dit l'abbé de Choisy (1644-1724)

 

né à Paris le 16 août 1644

 

mort à Paris le 2 octobre 1724

 

abbé et littérateur français.

 

L'abbé de cour:

écclesiastique raffiné, homme d'Église et de monde, de table et de boudoir, souvent cultivé et collectionneur, parfois aventurier et toujours bon causeur et meilleure compagnie

 

 

Biographie

Arrière-petit-fils de Jean Ier de Choisy (né vers 1525), un marchand de vins en gros, et d'Opportune Bazanier, petit-fils de Jean II de Choisy (né vers 1562, mort vers 1652), receveur général des finances de Caen (1605), et de Magdeleine Le Charron.

 


Portrait de François Timoléon (gauche) en compagnie de son frère ainé (Jean Paul) (Grand escalier du chateau de Balleroy en Normandie)

François-Timoléon de Choisy est le quatrième et dernier fils de Jean III de Choisy, seigneur de Balleroy (né en 1598, mort à Blois le 20 février 1660)1, un conseiller d’État, intendant du Languedoc, chancelier de Gaston d'Orléans2, et de Jeanne-Olympe Hurault de L'Hospital (1604-1669), une petite-fille de Michel de L'Hospital et une intime de Marie de Gonzague, reine de Pologne.


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Sa mère l’habille en fille jusqu’à l’âge de dix-huit ans pour faire sa cour à la reine Anne d'Autriche et introduire son fils dans l'entourage de Monsieur, frère de Louis XIV.


Portrait du futur abbé de Choisy (salon du 1er étage du chateau de Balleroy en Normandie), qui aimait se travestir en femme

 

Elle lui disait :  

« Écoutez, mon fils; ne soyez point glorieux, et songez que vous n'êtes qu'un bourgeois. Je sais bien que vos pères, que vos grands-pères ont été maîtres des requêtes, conseillers d'État; mais apprenez de moi qu'en France on ne reconnaît de noblesse que celle d'épée. La nation, toute guerrière, a mis la gloire dans les armes: or, mon fils, pour n'être point glorieux, ne voyez jamais que des gens de qualité3 »

 

C'est ainsi qu'il est poussé, tout jeune, à la fois à se détourner de la vie militaire et à faire sa cour au futur cardinal de Bouillon, son contemporain, dont il restera l'ami.

 

De 18 à 22 ans, il étudie la philosophie et la théologie à la Sorbonne et obtient le titre d'abbé ainsi que les revenus temporels liés à l'abbaye de Saint-Seine en Bourgogne4.

 

Entre la mort de sa mère en 1669 et sa conversion en 1683, il mène une vie dissolue4.

 

Après être apparu, durant une courte période, habillé en homme, il reprend le costume féminin et réside, avec les encouragements de son curé et l’approbation de son évêque, dans une demeure du quartier Saint-Médard, sous le nom de « Mme de Sancy » jusqu’à ce que le duc de Montausier lui en fasse publiquement le reproche à l’Opéra.

 

Il se retire alors en province, à Bourges, où il se fait passer pour une riche veuve sous le nom de « comtesse des Barres » et séduit sous ce costume filles de bonne famille et comédiennes – y compris les actrices Montfleury et Mondory – dont une qu’il fait tomber enceinte avant de la marier au comédien du Rosan, toutes aventures qu’il a rapportées dans ses Mémoires de l’abbé de Choisy habillé en femme.

 

À 23 ans, sa famille l’ayant persuadé de renoncer à se travestir il se rend à Venise où, s’abandonnant à son autre passion, il se ruine au jeu.

 

Revenu impécunieux en France, la pauvreté relative l’oblige à vivre de son bénéfice ecclésiastique. En 1676, il visite Rome dans la suite du cardinal de Bouillon.

 

C'est à peu près au moment de ce voyage qu'il se lie avec Daniel de Cosnac, évêque de Valence.

 

Pendant sa jeunesse, ses deux passions, le travestissement et le jeu lui auront coûté, l'une, l'épiscopat ; l'autre, de vivre toute sa vie d'expédients.

 

Tombé malade en août 1683, il frôle la mort et, décidé à changer de vie, se retire un an au séminaire des Missions étrangères de Paris, rue du Bac.

 

Puis, de mars 1685 à juin 1686, il accompagne, comme coadjuteur, le chevalier Alexandre de Chaumont dans une mission au Siam auprès du roi Narai (1629-1688)

 

Il s'y fait ordonner prêtre par Louis Laneau, évêque de Métellopolis, le 10 décembre 16854.

 

Il raconte son périple dans un très vivant Journal de voyage au Siam.

 

À son retour en France, il reçoit le bénéfice du prieuré de Saint-Benoît-du-Sault en 1689 et le doyenné du chapitre de la cathédrale de Bayeux, le 11 avril 1697.

 

Reçu à l’Académie française en août 1687, il collabore avec Charles Perrault à la rédaction des Opuscules sur la langue française.

 

Il écrit une brève biographie de sa parente, l'édifiante Mme de Miramion.

 

Le facétieux abbé tire un peu à la ligne, mais se réveille quand il raconte la tentative rocambolesque d'enlèvement de ladite dame par Bussy-Rabutin.

 

Son œuvre peut-être la plus marquante est le journal d'un témoin de quelques moments marquants du règne de Louis XIV, Mémoires pour servir l'histoire de Louis XIV5

 

Toujours habillé en femme jusqu’à l’âge de quatre-vingts ans, il rédige un certain nombre de travaux historiques et religieux dont une volumineuse Histoire de l’Église en 11 volumes au sujet de laquelle il a déclaré non sans humour : « J’ai achevé, grâce à Dieu, l’histoire de l’Église ; je vais, présentement, me mettre à l’étudier »

 

Il l'écrivait, paraît-il, sur le conseil de Bossuet6

 

Ses deux mémoires, celui sur Louis XIV et celui sur son travestissement, sont écrits avec grâce, alacrité, humour et un sens pénétrant de la restitution des gestes, des attitudes, des intonations.

 

On retrouve parfois chez Choisy, quoique avec moins d'intensité, le sens du portrait, de l'animation de Saint-Simon (on pense par exemple au portrait par Saint-Simon de Mme de Castries, ce paradigme de l'esprit Mortemart)

 

Après sa mort, ses papiers passent à son parent, le marquis d'Argenson qui regroupe trois volumes de manuscrits méritant à ses yeux d'être conservés.

 

L'abbé d'Olivet réalise une copie de ce manuscrit, qui paraît à Utrecht en 1727 sous le titre de Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV.

 

De même, cinq fragments relatifs à ses aventures alors qu'il était déguisé en femme, tirés du troisième volume de manuscrits, paraissent partiellement en 1736 sous le titre de Mémoires de Madame la comtesse des Barres, à madame la marquise de Lambert7.

Œuvres

  • Quatre dialogues. I. Sur l'immortalité de l'âme. II. Sur l'existence de Dieu. III. Sur la providence. IV. Sur la religion (avec Louis de Courcillon de Dangeau), Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1684
  • Interprétation des Psaumes avec la Vie de David, Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1687 (réimpressions en 1690 et 1692)
  • Journal du voyage de Siam fait en 1685 et 1686, Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1687 ; 1688 ; 1740, texte en ligne sur Gallica ; réédition, avec une étude de Maurice Garçon, collection laque orange Aventures et voyages, Éditions Duchartre et Van Buggenhoudt, 1930 ; édition critique par Dirk Van der Cruysse, 1995) ; rééd. Orchid Press, 1999, (ISBN 974-8299-65-1).
  • Recueil de plusieurs pièces d'éloquence et de poësie présentées à l'Académie française pour les prix de 1687, donnez le jour de S. Louis de la mesme année, avec les discours prononcez le mesme jour (par MM. l'abbé de Choisy et de Bergeret) à la réception de M. l'abbé de Choisy en la place de M. le duc de Saint-Aignan, Paris, Pierre Le Petit, 1687
  • La Vie de Salomon, Paris, Claude Barbin, 1687
  • Les Pensées chrétiennes sur divers sujets de piété, Paris, Claude Barbin, 1688
  • Histoire de France sous les règnes de Saint Louis… de Charles V et Charles VI, 1688-1695
    • Histoire de Philippe de Valois et du roi Jean, Paris, Claude Barbin, 1688
    • La Vie de Saint Louis, Claude Barbin, 1689
    • Histoire de Charles cinquième, roi de France, Paris, Antoine Dezallier, 1689
    • Histoire de Charles VI, roi de France, Paris, Jean-Baptiste Coignard, 1695
  • De l'imitation de Jésus-Christ, traduction nouvelle, Paris, Antoine Dezallier, 1692
  • Histoire de la marquise-marquis de Banneville, nouvelle parue dans le Mercure Galant, 1695
  • La vie de Madame de Miramion, Paris, Antoine Dezallier, 1706 (réimpression en 1707)
  • Histoires de piété et de morale, par M. L. D. C., Paris, Jacques Étienne, 1710
  • Les plus beaux événements de l'histoire sacrée et de l'histoire prophanes rapportés à la morale par M. l'abbé de Choisy, Paris, Jacques Étienne, 1711
  • La Nouvelle Astrée, Paris, Nicolas Pépie, 1712 (adaptation du roman d'Honoré d'Urfé8)
  • Histoire de l’Église, Paris, Jean-Baptiste Coignard, Antoine Dezallier & Christophe David, 1703-1723, 11 volumes
  • Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV, par feu M. l'abbé de Choisy, édité et préfacé par Denis François Camusat, Utrecht, Van de Water ; Amsterdam, Jean-Frédéric Bernard et N. Étienne Lucas, 1727 ; rééd. présentée et annotée par Georges Mongrédien, Mercure de France, 1966, 1983, (ISBN 2-7152-0149-4).
  • Mémoires de Madame la comtesse des Barres, à madame la marquise de Lambert, Bruxelles, François Poppens, 1736 ; réédité sous le titre Aventures de l’abbé de Choisy habillé en femme en 1862 ; réédité sous le titre ’Aventures de l’abbé de Choisy déguisé en femme en 1923 ; réédité sous le titre Mémoires de l’abbé de Choisy habillé en femme, comme suite des Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV, collection « Le Temps retrouvé » no 7, Mercure de France, 1966), (ISBN 2-7152-0149-4).

Bibliographie

Ouvrages
  • Roger de Beauvoir, L'Abbé de Choisy, 3 tomes, Paris, G. Roux et Cassanet, 1848
  • Fernande Gontier, Homme ou femme ? La confusion des sexes, Paris, Perrin, 2006, 2e chap. (ISBN 226202491X)
  • Jean Mélia :
    • L'Étrange existence de l'abbé de Choisy de l'Académie française, Émile-Paul frères, 1921, 326 pages
    • La Vie amoureuse de l'abbé de Choisy, de l'Académie française et doyen de cathédrale, Paris, Mercure de France, 239 pages
  • Jean Mistler, Un original à l’Académie : l’abbé de Choisy, Paris, Institut de France, 1977
  • Pierre-Joseph d'Olivet, La Vie de Monsieur l’abbé de Choisy de l'Académie françoise, Lausanne, Genève, Marc-Michel Bousquet & Cie, 1742 ; réédition en 1748
  • Geneviève Reynes, L’Abbé de Choisy ou l’ingénu libertin, Paris, Presses de la Renaissance, 1983, 341 pages (ISBN 2856162630)
  • Nathalie Reznikoff, Un homme de robes à la cour du roi-soleil : l'extravagante histoire de l'abbé de Choisy, Ramsay, 1988, 364 pages (ISBN 2859566929)
  • Dirk Van der Cruysse, L’Abbé de Choisy, androgyne et mandarin, Paris, Fayard, 1995 (ISBN 2213594090)
  • Louis Marie Jacques Vinceneux, Étude de psycho-pathologie historique. Les Ambigus. L'Abbé de Choisy, thèse de médecine, Paris, Librairie Louis Arnette, 1929, 83 pages
Articles
  • Pierrick Brient, « La Perversion normale de l'abbé de Choisy », La Clinique lacanienne, Éditions Érès, no 11, 2006/2, 230 pages, p. 195-202 (ISBN 9782749206202)
  • Dirk Van der Cruysse, « "Peser son mérite dans la balance de la vérité". L'abbé de Choisy et le mythe louis-quatorzien », dans Retours du mythe, vingt études pour Maurice Delcroix, Rodopi, 1996, 278 pages, p. 57-68 (ISBN 90-420-0098-8)

 

 

  1. Michel Surun, Marchands de vin en gros à Paris au XVIIe siècle: recherches d'histoire institutionnelle et sociale, Éditions L'Harmattan, 2007, 559 pages, p. 406-407 (ISBN 2296031293).
  2. François-Timoléon de Choisy, Charles Perrault, Mémoires de l'abbé de Choisy habillé en femme. Suivi de Histoire de la marquise-marquis de Banneville, Éditions Ombres, 1995, 185 pages, p. 9 (ISBN 2841420205).
  3. Abbé de Choisy, Mémoires pour servir l'histoire de Louis XIV., Paris, Mercure de France, Coll. « Le temps retrouvé », 1966, p. 24. puis 2000
  4. a, b et c François-Timoléon de Choisy, Journal du Voyage de Siam : Fait en 1685 et 1686, présentation de Matthias Huber, Éditions Olizane, 2006, 312 pages, introduction, p. 5-13 (ISBN 2880863449).
  5. Paris, Mercure de France, Collection Le temps retrouvé, 1966 ; 2000.
  6. Dirk Van der Cruysse, L'abbé de Choisy, Androgyne et mandarin, Paris, Fayard, 1995, p. 367.
  7. « Notice sur l'abbé de Choisy, sur les manuscrits de ses mémoires et fragments inédits relatifs à sa jeunesse », dans Nouvelle collection des mémoires pour servir à l'histoire de France, t. 6 (Omer Talon - L'abbé de Choisy), édition de Joseph-François Michaud et de Jean-Joseph-François Poujoulat, Guyot frères, 1851, p. 525-551.
  8. Henri Coulet, « La Nouvelle Astrée de l'abbé de Choisy », in Annie Rivara, Antony McKenna (dir.), Le roman des années trente: la génération de Prévost et de Marivaux, Institut Claude Longeon, Université de Saint-Etienne, 1998, 167 pages, p. 7 (ISBN 2862721247).

 

Précédé par François-Timoléon de Choisy Suivi par
François Honorat de Beauvilliers
Fauteuil 17 de l’Académie française
1687-1724
Antoine Portail

 

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vendredi, 01 septembre 2017

MOURIR AUTREFOIS – LA MORT DE LOUIS XIV (1715) | AU CŒUR DE L’HISTOIRE | EUROPE 1

« L’Homme devant la mort » est un essai de Philippe Ariès publié en 1977 qui reprend les thèmes d’un premier ouvrage « Essais sur la mort en Occident » (1975).
➔ Résignation devant la mort :

Selon Philippe Ariès, il existe une relation « entre l’attitude devant la mort et la conscience de soi, de son degré d’être, plus simplement de son individualité ». Il observe « la persistance pendant des millénaires d’une attitude presque inchangée devant la mort, qui traduisait une résignation naïve et spontanée au destin et à la nature ».

➔ Conscience de la mort et amour de la vie :

Cependant, à partir du xııᵉ siècle, l’iconographie révèle, « les inquiétudes nouvelles de l’homme à la découverte de sa destinée ». Dans les représentations religieuses et dans les attitudes naturelles, on se dirige « d’une mort conscience et condensation d’une vie, à une mort conscience et amour désespérée de cette vie ». Ainsi naquit un individualisme dans le rapport à la vie et à l’au-delà. Cette « mort de soi » n’est pas une rupture totale avec les habitudes anciennes comme en témoigne la pratique du testament : « Si, au travers des testaments, la mort est particularisée, personnalisée, si elle est aussi la mort de soi, elle reste toujours la mort immémoriale, en public, du gisant au lit. » La volonté d’être soi se matérialise par la fin de l’anonymat des tombeaux.

Cette sensibilisation qui exalte la mort culmine à la fin du Moyen Âge avec les danses macabres.

➔ Indifférence à la mort :

Avec la Renaissance, une évolution apparaît. Le moment de la mort perd de son importance. Dans la seconde moitié du xvıııᵉ siècle, on enregistre « une volonté de simplicité dans les choses de la mort » qui conduit « à une sorte d’indifférence à la mort et aux morts ».

L’art, la littérature et la médecine font revenir la mort sous la forme du corps mort, de l’érotisme macabre et de la violence naturelle. Le culte des cimetières et des tombeaux n’est que la manifestation liturgique de la sensibilité nouvelle, celle qui, à partir de la fin du xvıııᵉ siècle, « rend intolérable la mort de l’autre ». Pour Philippe Ariès, à la fin du xxᵉ siècle, ce sentiment existe toujours.

➔ Relégation de la mort :

Cependant, au cours du xxᵉ siècle, dans les régions les plus industrialisées, « un type absolument nouveau de mourir est apparu », C’est la mort inversée : « la société a expulsé la mort, sauf celle des hommes d’État. » La mort n’est plus un fait culturel qui structure la communauté. Cette relégation de la mort est à mettre en lien avec la médicalisation de la société.

« La mort est maintenant si effacée de nos mœurs que nous avons peine à l’imaginer et à la comprendre. L’attitude ancienne où la mort est à la fois proche, familière et diminuée, insensibilisée, s’oppose trop à la nôtre où elle fait si grand-peur que nous n’osons plus dire son nom. C’est pourquoi, quand nous appelons cette mort familière la mort apprivoisée, nous n’entendons pas par là qu’elle était autrefois sauvage et qu’elle a ensuite été domestiquée. Nous voulons dire au contraire qu’elle est aujourd’hui devenue sauvage alors qu’elle ne l’était pas auparavant. La mort la plus ancienne était apprivoisée. » — Philippe Ariès : « L'homme devant la mort. Le temps des gisants », Paris : Seuil, coll. « Histoire », 1985, p. 36.

La mort apprivoisée, selon Ariès, finit quand la proximité entre mort et vivant n’est plus tolérée. La mort serait désormais de plus en plus considérée comme une transgression qui arrache l'homme à sa vie quotidienne, à sa société raisonnable, à son travail monotone, pour le soumettre à un paroxysme et le jeter alors dans un monde irrationnel, violent et cruel. La mort est aujourd’hui une rupture, alors que dans le passé elle était si présente autour de l’homme qu’elle faisait en quelque sorte partie de la vie.

On pouvait mourir très facilement, et la mort ne paraissait pas comme quelque chose d’extraordinaire. Ariès donne l’exemple du cimetière, qui dans le passé était bâti intra-muros de la ville et qui aujourd’hui tend à éviter une trop grande proximité avec les vivants.

Source :
Wikipédia — https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Hom...
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Au cœur de l’histoire | Europe 1

« Mourir autrefois », émission du 10 juin 2013

Franck FERRAND recevait :

– Philippe MARTIN Historien, spécialiste du fait religieux
– Laurence PLAZENET Spécialiste du XVIIe siècle et de Port-Royal, maître de conférences en littérature française à l'université Paris-Sorbonne

http://www.europe1.fr/mediacenter/emi...

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mardi, 08 août 2017

08 août 1726: décès de Auguste de Bade, duchesse d'Orléans au Palais Royal

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8 août 1726 : décès de Auguste de Bade, duchesse d'Orléans au Palais Royal.

Le 3 août 1726, la duchesse d'Orléans se trouve incommoder, par une fièvre fort violente, à Versailles.
Le 4 août 1726, elle retourne au Palais Royale. Elle est fort fatiguée et fort incommodée, du fait de sa grossesse pense-ton.
Le 5 août 1726, elle accouche d'une princesse vers 11 heures. La fièvre continue avec des redoublements.
Etant accompagné d'autres accidents, et les remèdes qu'on lui ordonne, ne lui ayant procuré aucun soulagement, la duchesse d'Orléans se trouve très mal le 7 et reçoit les sacrements sur les 11 heures, avec les sentiments de piété et de religion que tout le monde lui connaît. Le curé de Saint-eustache porte le viatique en grande cérémonie au Palais royale. Le comte de Toulouse, le chevalier d'Orléans, tous les officiers de la Maison de Mme la duchesse douairière d'Orléans, ceux de la Maison du duc et de la duchesse d'Orléans, et toute la livrée du Palais Royal accompagnent le Saint-Sacrement.
Dans la nuit du 7 au 8 août, on lui fait différents remèdes et on la saigne.

Le 8 août, elle reçoit l'extrême onction vers 5h45 par M. Pin, vicaire de Saint-Eustache et son confesseur. Elle meurt à 6h45.

On la laisse voir au public le reste de la journée, dans son appartement, à visage découvert, assise sur son lit, coiffée et habillée seulement d'un manteau de lit de damas vert;

Auguste de Bade est extrêmement regrettée du Roi, de la Reine, de toute la Cour, de tous ceux qui avaient l'honneur de l'approcher ou la connaître et du peuple

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mercredi, 05 juillet 2017

05 juillet 1610: Yolande de Lannoy

Yolande de Lannoy

Née en 1525

Décédée le 5 juillet 1610 à l'âge de 85 ans

Parents

 

dont

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dimanche, 25 juin 2017

25 juin 1638: Juan Pérez de Montalván

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Juan Pérez de Montalván

dit Félix

 prêtre, écrivain, auteur dramatique, poète et nouvelliste espagnol

Juan Pérez de Montalván (ou Montalbán)

Né en 1602 à Madrid

Décédé le 25 juin 1638 à Madrid

 

Il est le fils de l'éditeur madrilène Alonso Pérez descendant de juifs convertis.

À dix-huit ans il est licencié en théologie, ordonné prêtre en 1625 et nommé notaire de l'Inquisition.

En 1619 il commence à écrire des pièces de théâtre sous la direction de Lope de Vega, dont on dit qu'il l'aida dans la composition de El Orfeo en lengua castellana (1624), un poème destiné à entrer en compétition avec l'Orfeo de Jáuregui, publié un peu plus tôt, lors de cette même année.

Ses Sucesos y prodigios de amor (1624) et Para todos (1632) connaîtront un grand succès.

Le père de Montalván, éditeur à Madrid, lança une édition pirate du Buscón de Quevedo, qui déclencha une controverse haineuse.

La violence de ces polémiques, le surmenage et la mort de Lope de Vega affectèrent tant Montalván qu'il en devint fou; il mourut à Madrid le 25 juin 1638. Sa dernière œuvre fut un éloge funèbre et biographie de Lope de Vega dans le Fama póstuma (1636)

Son œuvre compte plus de 48 pièces, parmi les plus célèbres, citons Los amantes de Teruel (Les amants de Teruel) ou La Monja Alférez (La nonne lieutenant - qui raconte la vie de Catalina de Erauso).

Œuvres

  • Obra no dramática, Madrid: Fundación José Antonio de Castro, 1999. (ISBN 9788489794283)
  • Orfeo en lengua castellana, Aranjúez (Espagne): Editorial-Ara Iovis, 1991. (ISBN 9788486343064)
  • La Semaine de Montalban, ou les Mariages mal-assortis, contenus en huit nouvelles tirées du Para todos du même auteur, traduites de l'espagnol (par J. Vanel), Paris: G. de Luyne, 1684.
  • Para todos exemplos morales humanos y divinos en que se tratan diversas ciencias, materias y facultades. Repartidos en los siete días de la semana y dirigidos a diferentes personas, En Sevilla : Por Francisco de Lyra, a costa de Juan López Román, 1645.
  • Sucessos y prodigios de amor. : En ocho novelas exemplares, En Madrid : Por Luis Sanchez, M. DC. XXVI (1626)

Bibliographie

  • Para una bibliografiá de J. Pérez de Montalbán : nuevas adiciones; Germán Vega Garciá-Luengos; Verona : Università degli studi di Verona, Facoltà di lingue et letterature straniere, Istituto di lingua e letteratura spagnola; 1993.
  • Juan Perez de Montalvan; Jack Horace Parker; The Modern Language Journal, Vol. 61, No. 3 (Mar., 1977), pp. 154-155.
  • A comparative study of six manuscripts of Juan Pérez de Montalbán's Como padre y como rey; Linton Lomas Barrett; Carmen Iranzo; Chapel Hill; 1976; (ISBN 9788470392429).
  • Per una bibliografia di J. Peréz de Montalbán; Maria Grazia Profeti; Verona : Universita degli studi di Padova, Istituto di lingue e letterature straniere di Verona; 1976.
  • The Comedias of Doctor Juan Pérez De Montalván; George William Bacon; Hispanic Society of America; New York : Hispanic Society of America ; Paris : C. Klincksieck; 1912.
  • An essay on the life and dramatic works of Dr. Juan Perez de Montalvan; George William Bacon; Philadelphie; 1903.
  • (en) « Juan Pérez de Montalván », dans Encyclopædia Britannica, 1911 [détail de l’édition] [lire en ligne]

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