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lundi, 02 octobre 2017

02 octobre 1724: François-Timoléon de Choisy

 

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François-Timoléon de Choisy

 

 

abbé de Saint-Seine en Bourgogne, dit l'abbé de Choisy (1644-1724)

 

né à Paris le 16 août 1644

 

mort à Paris le 2 octobre 1724

 

abbé et littérateur français.

 

L'abbé de cour:

écclesiastique raffiné, homme d'Église et de monde, de table et de boudoir, souvent cultivé et collectionneur, parfois aventurier et toujours bon causeur et meilleure compagnie

 

 

Biographie

Arrière-petit-fils de Jean Ier de Choisy (né vers 1525), un marchand de vins en gros, et d'Opportune Bazanier, petit-fils de Jean II de Choisy (né vers 1562, mort vers 1652), receveur général des finances de Caen (1605), et de Magdeleine Le Charron.

 


Portrait de François Timoléon (gauche) en compagnie de son frère ainé (Jean Paul) (Grand escalier du chateau de Balleroy en Normandie)

François-Timoléon de Choisy est le quatrième et dernier fils de Jean III de Choisy, seigneur de Balleroy (né en 1598, mort à Blois le 20 février 1660)1, un conseiller d’État, intendant du Languedoc, chancelier de Gaston d'Orléans2, et de Jeanne-Olympe Hurault de L'Hospital (1604-1669), une petite-fille de Michel de L'Hospital et une intime de Marie de Gonzague, reine de Pologne.


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Sa mère l’habille en fille jusqu’à l’âge de dix-huit ans pour faire sa cour à la reine Anne d'Autriche et introduire son fils dans l'entourage de Monsieur, frère de Louis XIV.


Portrait du futur abbé de Choisy (salon du 1er étage du chateau de Balleroy en Normandie), qui aimait se travestir en femme

 

Elle lui disait :  

« Écoutez, mon fils; ne soyez point glorieux, et songez que vous n'êtes qu'un bourgeois. Je sais bien que vos pères, que vos grands-pères ont été maîtres des requêtes, conseillers d'État; mais apprenez de moi qu'en France on ne reconnaît de noblesse que celle d'épée. La nation, toute guerrière, a mis la gloire dans les armes: or, mon fils, pour n'être point glorieux, ne voyez jamais que des gens de qualité3 »

 

C'est ainsi qu'il est poussé, tout jeune, à la fois à se détourner de la vie militaire et à faire sa cour au futur cardinal de Bouillon, son contemporain, dont il restera l'ami.

 

De 18 à 22 ans, il étudie la philosophie et la théologie à la Sorbonne et obtient le titre d'abbé ainsi que les revenus temporels liés à l'abbaye de Saint-Seine en Bourgogne4.

 

Entre la mort de sa mère en 1669 et sa conversion en 1683, il mène une vie dissolue4.

 

Après être apparu, durant une courte période, habillé en homme, il reprend le costume féminin et réside, avec les encouragements de son curé et l’approbation de son évêque, dans une demeure du quartier Saint-Médard, sous le nom de « Mme de Sancy » jusqu’à ce que le duc de Montausier lui en fasse publiquement le reproche à l’Opéra.

 

Il se retire alors en province, à Bourges, où il se fait passer pour une riche veuve sous le nom de « comtesse des Barres » et séduit sous ce costume filles de bonne famille et comédiennes – y compris les actrices Montfleury et Mondory – dont une qu’il fait tomber enceinte avant de la marier au comédien du Rosan, toutes aventures qu’il a rapportées dans ses Mémoires de l’abbé de Choisy habillé en femme.

 

À 23 ans, sa famille l’ayant persuadé de renoncer à se travestir il se rend à Venise où, s’abandonnant à son autre passion, il se ruine au jeu.

 

Revenu impécunieux en France, la pauvreté relative l’oblige à vivre de son bénéfice ecclésiastique. En 1676, il visite Rome dans la suite du cardinal de Bouillon.

 

C'est à peu près au moment de ce voyage qu'il se lie avec Daniel de Cosnac, évêque de Valence.

 

Pendant sa jeunesse, ses deux passions, le travestissement et le jeu lui auront coûté, l'une, l'épiscopat ; l'autre, de vivre toute sa vie d'expédients.

 

Tombé malade en août 1683, il frôle la mort et, décidé à changer de vie, se retire un an au séminaire des Missions étrangères de Paris, rue du Bac.

 

Puis, de mars 1685 à juin 1686, il accompagne, comme coadjuteur, le chevalier Alexandre de Chaumont dans une mission au Siam auprès du roi Narai (1629-1688)

 

Il s'y fait ordonner prêtre par Louis Laneau, évêque de Métellopolis, le 10 décembre 16854.

 

Il raconte son périple dans un très vivant Journal de voyage au Siam.

 

À son retour en France, il reçoit le bénéfice du prieuré de Saint-Benoît-du-Sault en 1689 et le doyenné du chapitre de la cathédrale de Bayeux, le 11 avril 1697.

 

Reçu à l’Académie française en août 1687, il collabore avec Charles Perrault à la rédaction des Opuscules sur la langue française.

 

Il écrit une brève biographie de sa parente, l'édifiante Mme de Miramion.

 

Le facétieux abbé tire un peu à la ligne, mais se réveille quand il raconte la tentative rocambolesque d'enlèvement de ladite dame par Bussy-Rabutin.

 

Son œuvre peut-être la plus marquante est le journal d'un témoin de quelques moments marquants du règne de Louis XIV, Mémoires pour servir l'histoire de Louis XIV5

 

Toujours habillé en femme jusqu’à l’âge de quatre-vingts ans, il rédige un certain nombre de travaux historiques et religieux dont une volumineuse Histoire de l’Église en 11 volumes au sujet de laquelle il a déclaré non sans humour : « J’ai achevé, grâce à Dieu, l’histoire de l’Église ; je vais, présentement, me mettre à l’étudier »

 

Il l'écrivait, paraît-il, sur le conseil de Bossuet6

 

Ses deux mémoires, celui sur Louis XIV et celui sur son travestissement, sont écrits avec grâce, alacrité, humour et un sens pénétrant de la restitution des gestes, des attitudes, des intonations.

 

On retrouve parfois chez Choisy, quoique avec moins d'intensité, le sens du portrait, de l'animation de Saint-Simon (on pense par exemple au portrait par Saint-Simon de Mme de Castries, ce paradigme de l'esprit Mortemart)

 

Après sa mort, ses papiers passent à son parent, le marquis d'Argenson qui regroupe trois volumes de manuscrits méritant à ses yeux d'être conservés.

 

L'abbé d'Olivet réalise une copie de ce manuscrit, qui paraît à Utrecht en 1727 sous le titre de Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV.

 

De même, cinq fragments relatifs à ses aventures alors qu'il était déguisé en femme, tirés du troisième volume de manuscrits, paraissent partiellement en 1736 sous le titre de Mémoires de Madame la comtesse des Barres, à madame la marquise de Lambert7.

Œuvres

  • Quatre dialogues. I. Sur l'immortalité de l'âme. II. Sur l'existence de Dieu. III. Sur la providence. IV. Sur la religion (avec Louis de Courcillon de Dangeau), Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1684
  • Interprétation des Psaumes avec la Vie de David, Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1687 (réimpressions en 1690 et 1692)
  • Journal du voyage de Siam fait en 1685 et 1686, Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1687 ; 1688 ; 1740, texte en ligne sur Gallica ; réédition, avec une étude de Maurice Garçon, collection laque orange Aventures et voyages, Éditions Duchartre et Van Buggenhoudt, 1930 ; édition critique par Dirk Van der Cruysse, 1995) ; rééd. Orchid Press, 1999, (ISBN 974-8299-65-1).
  • Recueil de plusieurs pièces d'éloquence et de poësie présentées à l'Académie française pour les prix de 1687, donnez le jour de S. Louis de la mesme année, avec les discours prononcez le mesme jour (par MM. l'abbé de Choisy et de Bergeret) à la réception de M. l'abbé de Choisy en la place de M. le duc de Saint-Aignan, Paris, Pierre Le Petit, 1687
  • La Vie de Salomon, Paris, Claude Barbin, 1687
  • Les Pensées chrétiennes sur divers sujets de piété, Paris, Claude Barbin, 1688
  • Histoire de France sous les règnes de Saint Louis… de Charles V et Charles VI, 1688-1695
    • Histoire de Philippe de Valois et du roi Jean, Paris, Claude Barbin, 1688
    • La Vie de Saint Louis, Claude Barbin, 1689
    • Histoire de Charles cinquième, roi de France, Paris, Antoine Dezallier, 1689
    • Histoire de Charles VI, roi de France, Paris, Jean-Baptiste Coignard, 1695
  • De l'imitation de Jésus-Christ, traduction nouvelle, Paris, Antoine Dezallier, 1692
  • Histoire de la marquise-marquis de Banneville, nouvelle parue dans le Mercure Galant, 1695
  • La vie de Madame de Miramion, Paris, Antoine Dezallier, 1706 (réimpression en 1707)
  • Histoires de piété et de morale, par M. L. D. C., Paris, Jacques Étienne, 1710
  • Les plus beaux événements de l'histoire sacrée et de l'histoire prophanes rapportés à la morale par M. l'abbé de Choisy, Paris, Jacques Étienne, 1711
  • La Nouvelle Astrée, Paris, Nicolas Pépie, 1712 (adaptation du roman d'Honoré d'Urfé8)
  • Histoire de l’Église, Paris, Jean-Baptiste Coignard, Antoine Dezallier & Christophe David, 1703-1723, 11 volumes
  • Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV, par feu M. l'abbé de Choisy, édité et préfacé par Denis François Camusat, Utrecht, Van de Water ; Amsterdam, Jean-Frédéric Bernard et N. Étienne Lucas, 1727 ; rééd. présentée et annotée par Georges Mongrédien, Mercure de France, 1966, 1983, (ISBN 2-7152-0149-4).
  • Mémoires de Madame la comtesse des Barres, à madame la marquise de Lambert, Bruxelles, François Poppens, 1736 ; réédité sous le titre Aventures de l’abbé de Choisy habillé en femme en 1862 ; réédité sous le titre ’Aventures de l’abbé de Choisy déguisé en femme en 1923 ; réédité sous le titre Mémoires de l’abbé de Choisy habillé en femme, comme suite des Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV, collection « Le Temps retrouvé » no 7, Mercure de France, 1966), (ISBN 2-7152-0149-4).

Bibliographie

Ouvrages
  • Roger de Beauvoir, L'Abbé de Choisy, 3 tomes, Paris, G. Roux et Cassanet, 1848
  • Fernande Gontier, Homme ou femme ? La confusion des sexes, Paris, Perrin, 2006, 2e chap. (ISBN 226202491X)
  • Jean Mélia :
    • L'Étrange existence de l'abbé de Choisy de l'Académie française, Émile-Paul frères, 1921, 326 pages
    • La Vie amoureuse de l'abbé de Choisy, de l'Académie française et doyen de cathédrale, Paris, Mercure de France, 239 pages
  • Jean Mistler, Un original à l’Académie : l’abbé de Choisy, Paris, Institut de France, 1977
  • Pierre-Joseph d'Olivet, La Vie de Monsieur l’abbé de Choisy de l'Académie françoise, Lausanne, Genève, Marc-Michel Bousquet & Cie, 1742 ; réédition en 1748
  • Geneviève Reynes, L’Abbé de Choisy ou l’ingénu libertin, Paris, Presses de la Renaissance, 1983, 341 pages (ISBN 2856162630)
  • Nathalie Reznikoff, Un homme de robes à la cour du roi-soleil : l'extravagante histoire de l'abbé de Choisy, Ramsay, 1988, 364 pages (ISBN 2859566929)
  • Dirk Van der Cruysse, L’Abbé de Choisy, androgyne et mandarin, Paris, Fayard, 1995 (ISBN 2213594090)
  • Louis Marie Jacques Vinceneux, Étude de psycho-pathologie historique. Les Ambigus. L'Abbé de Choisy, thèse de médecine, Paris, Librairie Louis Arnette, 1929, 83 pages
Articles
  • Pierrick Brient, « La Perversion normale de l'abbé de Choisy », La Clinique lacanienne, Éditions Érès, no 11, 2006/2, 230 pages, p. 195-202 (ISBN 9782749206202)
  • Dirk Van der Cruysse, « "Peser son mérite dans la balance de la vérité". L'abbé de Choisy et le mythe louis-quatorzien », dans Retours du mythe, vingt études pour Maurice Delcroix, Rodopi, 1996, 278 pages, p. 57-68 (ISBN 90-420-0098-8)

 

 

  1. Michel Surun, Marchands de vin en gros à Paris au XVIIe siècle: recherches d'histoire institutionnelle et sociale, Éditions L'Harmattan, 2007, 559 pages, p. 406-407 (ISBN 2296031293).
  2. François-Timoléon de Choisy, Charles Perrault, Mémoires de l'abbé de Choisy habillé en femme. Suivi de Histoire de la marquise-marquis de Banneville, Éditions Ombres, 1995, 185 pages, p. 9 (ISBN 2841420205).
  3. Abbé de Choisy, Mémoires pour servir l'histoire de Louis XIV., Paris, Mercure de France, Coll. « Le temps retrouvé », 1966, p. 24. puis 2000
  4. a, b et c François-Timoléon de Choisy, Journal du Voyage de Siam : Fait en 1685 et 1686, présentation de Matthias Huber, Éditions Olizane, 2006, 312 pages, introduction, p. 5-13 (ISBN 2880863449).
  5. Paris, Mercure de France, Collection Le temps retrouvé, 1966 ; 2000.
  6. Dirk Van der Cruysse, L'abbé de Choisy, Androgyne et mandarin, Paris, Fayard, 1995, p. 367.
  7. « Notice sur l'abbé de Choisy, sur les manuscrits de ses mémoires et fragments inédits relatifs à sa jeunesse », dans Nouvelle collection des mémoires pour servir à l'histoire de France, t. 6 (Omer Talon - L'abbé de Choisy), édition de Joseph-François Michaud et de Jean-Joseph-François Poujoulat, Guyot frères, 1851, p. 525-551.
  8. Henri Coulet, « La Nouvelle Astrée de l'abbé de Choisy », in Annie Rivara, Antony McKenna (dir.), Le roman des années trente: la génération de Prévost et de Marivaux, Institut Claude Longeon, Université de Saint-Etienne, 1998, 167 pages, p. 7 (ISBN 2862721247).

 

Précédé par François-Timoléon de Choisy Suivi par
François Honorat de Beauvilliers
Fauteuil 17 de l’Académie française
1687-1724
Antoine Portail

 

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02 octobre 1651: Fontainebleau - Berry

 

Lundi 2 octobre

 

La cour quitte Fontainebleau pour le Berry.

 

Le Roi et la Reine quitte Fontainebleau pour coucher à Montargis (à environ 11 lieues au sud de Fontainebleau)

 

En passant par Nemours, ils sont harangués par le sieur Hédelin, lieutenant du baillage, puis par le maire et les échevins qui leur offrent une collation

 

A Montargis

 

Le Roi et la Reine retrouvent le prince Thomas de Savoie

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dimanche, 01 octobre 2017

Marquage des appartements dans les résidences du Roi

Marquage des appartements dans les résidences du Roi

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Le « pour » est une marque de distinction de rang et d’honneur. Cette mention est inscrite, par les maréchaux des logis du Roi, sur la porte du logement. L’inscription est faite avec une craie blanche pour le Roi et jaune pour la Reine et les autres personnes détentrices de cette distinction.

Toute la Maison Royale a le « pour » ainsi que les princes étrangers de maisons souveraines, le Chancelier de France, et les grandes familles à qui le Roi donne le rang de « prince ».

Cet usage ne se fait qu’à la Cour de France.

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lundi, 18 septembre 2017

18 septembre 1698: M. de Saint-Mars prend ses fonctions de gouverneur de la Bastille

Le jeudi 18 septembre 1698, à 15 heures, M. de Saint-Mars prend ses fonctions de gouverneur de la Bastille.

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Il arrive avec l’homme au masque de fer et son lieutenant Durosarge.

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registre des entrées/sorties de la bastille - écrou de l'homme au masque de fer.

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vendredi, 15 septembre 2017

05 septembre 1638: (Dimanche) Naissance de Louis XIV

 

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Naissance, attendue depuis 22 ans
du dauphin Louis-Dieudonné (Louis XIV)
 
 Nommé à sa naissance Louis-Dieudonné
surnommé par la suite le Roi-Soleil
ou encore Louis le Grand

Il porte dès sa naissance le titre de Dauphin
 
Son parrain est S.E. le cardinal Mazarin et pour marraine Charlotte de Montmorency, princesse de Condé.

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Enfin, un cri, puis une dame d'honneur de la reine, Mme de Seneçay, se précipite chez le roi qui attend

"C'est un Dauphin!" lance-t-elle

Louis XIII s'agenouille, et la nouvelle se répand dans le château

Des courriers s'élancent vers Paris, mais ils ne peuvent traverser la Seine, car le pont de Neuilly a été emporté.

Ils agitent leurs drapeaux, ils crient "C'est un Dauphin!"

Des messagers l'annoncent dans toute la ville

Les cloches sonnent le Te Deum à Notre Dame

On allume des feux de joie, on danse, on boit

On rend grâce à Dieu et à la Vierge

on porte des reliques en procession, d'une église à l'autre

on illumine les carrefours dans ces nuits encore douces du début de septembre


Cet enfant, c'est le signe de la bienveillance de Dieu

"Dieu vous l'ayant donné, il l'a donné au monde pour de grandes choses, dit Richelieu au roi"
 
http://auxerre.historique.free.fr/Personnages/images_blasons/blasons_eveques/blason_dominique_seguier.JPG
 
Le Dauphin est immédiatement ondoyé par l'évêque de Meaux, Dominique Séguier, premier aumônier du Roi
 
Frère cadet du Chancelier Pierre Séguier, il avait été nommé évêque d'Auxerre en juin 1632 puis transféré à Meaux en août 1637

Dominique Séguier

(Dominique Séguier d'Autry)

 

On lui donna, à son baptême, le nom de Dominique, parce qu’il était venu au monde par suite d’un voeu que ses parents avaient fait à ce saint dont on lui fit porter l’habit pendant les six premières années de sa vie.

Parents

 

 Dès l’âge de onze ans, on lui fit commencer ses études chez les Jésuites à Dijon jusqu’à la fin de 1606.

Il les continua pendant les trois années suivantes à Paris, au collège du cardinal le Moine, et fut alors fait chanoine de Notre-Dame de cette ville.

Il alla étudier ensuite la philosophie au collège de la Flèche, d’où, étant de retour à Paris, il fréquenta les écoles de théologie et celles de droit jusqu’en 1616. Le 15 juillet de cette année, il fut reçu conseiller-clerc au parlement de Paris.

Le décanat de la cathédrale du Mans étant venu à vaquer en 1621, les chanoines lui offrirent cette dignité qu’il garda jusqu’en 1623.

Le chapitre de Paris le choisit alors pour doyen, le 15 février 1623; Dominique accepta, et obtint les prieurés d’Auneau et de Sainte-Marie de Gehard.

Comme les infirmités et les affaires de Jean-François de Gondy, premier archevêque de Paris, ne permettaient point à ce prélat d’officier à toutes les cérémonies extraordinaires, le nouveau doyen s’en acquitta, avec tant de grâce et de majesté, que Louis XIII l’admira en plusieurs occasions, et le fit son premier aumônier.

Le même prince obtint pour lui, du pape Urbain VIII, le titre d’archevêque de Corinthe in partibus, et le destina ensuite à l’évêché de Boulogne, vacant par la promotion de Victor Le Bouthillier à l’archevêché de Tours; mais comme le siège d’Auxerre vaqua presque dans le même temps, il lui fut donné le 6 octobre 1631, avant même qu’il eut reçu ses bulles de l’archevêché de Corinthe.

Bien que Dominique, après l’obtention de ces bulles, eût pu se faire sacrer archevêque pour avoir le pas sur les évêques, il aima mieux attendre l’expédition de celles de l’évêché d’Auxerre et ne se faire sacrer que comme évêque.

Il le fut le 18 janvier 1632, dans l’église des Carmélites de Paris, par Jean-François de Gondy, assisté de Jacques de Neuchèze, évêque de Chàlon-sur-Saône, et de Nicolas de Netz, évêque d’Orléans, prêta serment à l’Église de Sens le 3 août suivant, prit possession le 6 septembre et conféra les ordres le 18 de ce mois, qui était le samedi des Quatre-Temps.

Dominique avait appris, dès sa jeunesse, que l’abbaye de Saint-Denys en France possédait la plus grande partie du corps de saint Pèlerin, premier évêque d’Auxerre.

Comme son église cathédrale n’avait plus aucune relique de ce Saint, il en demanda au P. Cyprien, clerc-prieur de ce monastère, et à toute la communauté.

Sa demande fut favorablement accueillie, non-seulement parce qu’il était le successeur de saint Pèlerin, mais encore parce qu’il avait été l’un des commissaires nommés par le roi, en 1633, pour introduire dans cette illustre maison la réforme de la Congrégation de Saint-Maur.

Ayant donc obtenu, le 27 mars 1634, la moitié environ de l’un des fémurs de l’apôtre d’Auxerre, il fit faire un reliquaire en argent doré, de la valeur de deux mille livres, y renferma ce précieux ossement, déposa la relique dans la chapelle de Notre-Dame-de-Lorette, près d’Auxerre, et la fit processionnellement apporter à la cathédrale par le clergé de toute la ville et des faubourgs, le mardi de Pâques 25 mars 1636.

Il officia pontificalement à cette cérémonie et renferma dans la châsse l’acte de la donation qu’il faisait de la relique, signé à Paris le 12 février précédent.

Le 26 du mois d’octobre de la même année, il déposa dans une grande chasse de bois doré, dont il fit présent à la même église, les débris des corps saints du diocèse qui avaient échappé aux dévastations des calvinistes.

Déjà abbé du Gué ou Saint-Georges de Vaas, au diocèse du Mans, il devint, le 1er avril 1636, abbé commendataire de Saint-Jean d’Amiens.

Le caractère bienfaisant de Dominique Séguier se manifesta surtout dans la visite générale qu’il fit de son diocèse peu de temps après sa prise de possession du siège d’Auxerre.

Il eut soin d’y répandre alors de bons livres qui traitaient de l’administration des sacrements et des ouvrages d’instruction chrétienne en forme de catéchismes. il enrichit un grand nombre de paroisses des vases d’argent qui leur étaient nécessaires, entre autres, de ciboires, sans cependant astreindre aucune église à quitter l’ancien usage de conserver le Saint-Sacrement à côté du sanctuaire; mais on observa que les prédicateurs étrangers qu’il menait avec lui n’avaient rien qui les distinguât des curés du diocèse; on le blâma aussi de n’avoir point imité son prédécesseur pour la confection des statuts qu’il proposa tout dressés dans son premier synode.

Ces premiers statuts, publiés le 5 avril 1633, roulaient sur le mariage: il y en avait contre les mariages clandestins; d’autres défendaient de se marier le jour de Saint- Joseph, quand il tombait en Carême; le reste avait pour objet les dispositions nécessaires à la réception des ordres.

Dominique prit aussi un soin tout particulier des nécessités corporelles de ses diocésains: il fit habiller à neuf un nombre considérable de pauvres honteux, assigna des dots à plusieurs filles, et fit apprendre un métier aux garçons pauvres.

Pendant les premières années de son épiscopat, des maladies contagieuses accrurent encore le nombre des indigents.

Aussi, au lieu de faire distribuer deux fois par semaine, à la porte de son palais, du pain à tous les pauvres, il ordonna que cette distribution eût lieu trois fois, et y ajouta de nombreuses aumônes secrètes par les mains des curés, des religieux et des dames de charité.

Il fit plus : il aida de son crédit, dans ces tristes circonstances, les personnes affligées ou mal dans leurs affaires, et intercéda souvent, dans ce but, auprès de son frère Pierre Séguier, devenu garde-des-sceaux en 1633 et chancelier en 1635.

Entre les choses qu’il obtint à l’assemblée du clergé, tenue à Paris en 1635, l’une des plus utiles pour son diocèse fut que l’évêque de Bethléem aurait, du clergé de France, une pension de cinq cents livres, et qu’en retour il ne célébrerait plus d’ordination clans la chapelle de l’hôpital de ce nom, au faubourg de Clamecy.

Depuis longtemps il n’y avait pas eu de dédicace d’église dans le diocèse. Dominique en fit deux en 1634 celle de l’église du village de Saint-Privé, à l’instance d’Edme Birault, chanoine; qui en était curé, et celle des Récollets de Clamecy.(5 mai)

Deux mois avant cette cérémonie, il s’était rendu à Nevers afin d’y assister au sacre d’Eustache de Chéry, chanoine trésorier de cette cathédrale, en qualité d’évêque de Philadelphie, coadjuteur de son oncle, évêque de Nevers.

Ce qu’il fit à Auxerre, en 1634 et en1636, dans l’église de Saint-Germain, fut aussi solennel qu’une dédicace et une consécration d’évêque : il y procéda à l’ouverture de tous les tombeaux sur les instances de Dom Viole, prieur du monastère, afin de confirmer l’opinion publique des Auxerrois qui croyaient que les huguenots n’avaient point dépouillé de leurs ossements les tombeaux de pierre, qu’ils ne les avaient point profanés, mais s’étaient contentés de disperser les reliques des saints pour s’emparer de leurs châsses, lorsque celles-ci étaient d’un métal précieux.

Aussi zélé pour la réforme des maisons religieuses que pour la régularité des ecclésiastiques séculiers de son diocèse, Dominique Séguier introduisit, le 14 septembre 1635, dans l’abbaye de Saint-Père d’Auxerre , la réforme des chanoines réguliers de Sainte-Geneviève, et il transféra, suivant l’intention du concile de Trente, les religieuses Cisterciennes de l’abbaye des îles, dans la ville, le 25 août 1636, et consacra leur église l’année suivante.

La mort d’Antoine Séguier, son cousin, arrivée le 18 août 1635,.lui fit donner, par Louis XIII, l’abbaye de Saint- Jean d’Amiens, pour laquelle il fut préconisé le 1er avril 1636.

Il eût souhaité de faire l’avenir les Bénédictines de Saint-Julien dans leur ancien monastère du faubourg d’Auxerre, mais comme cette maison n’avait pas été réparée depuis les dernières guerres civiles, il se contenta de visiter ces religieuses dans leur couvent de Charentenay où elles s’étaient retirées, et y confirma les règlements que leur avait donnés son prédécesseur François de Donadicu. La communauté des Ursulines, instituée à Auxerre sous ce dernier prélat, prospéra de plus en plus sous Dominique qui se trouvait partout où il y avait du bien à faire.

Le 31 mai 1636, Dominique Séguier fut l’un des commissaires apostoliques qui privèrent de son évêché René de Rieuz, évêque de Léon, accusé, à la sollicitation du cardinal de Richelieu, d’avoir servi la reine Marie de Médicis dans sa retraite, et de s’être réfugié en Flandre.

Le 17 juillet suivant, il baptisa, dans la chambre de la Reine, la princesse Anne-Marie-Louise d’Orléans.

Pendant le peu de temps qu’il posséda le diocèse d’Auxerre il voulut toujours avoir, outre son palais épiscopal, deux châteaux en état de le loger, savoir, Régennes et Varzy.

Tout était, chez lui, d’une propreté sans exemples chez ses prédécesseurs.

Il eut toujours la plus vive affection pour son chapitre qui, de son côté, l’entoura du respect le plus sympathique.

Vers le commencement de septembre 1637, le bruit se répandit que le roi avait transféré l’évêque d’Auxerre au siège de Meaux.

Ce fut un deuil public.

Dominique Séguier confirma ce bruit en écrivant de Paris, le 4 de ce mois, à son chapitre, pour lui donner avis de cette nouvelle qui n’était que trop réelle, et l’informer qu’il ignorait quel serai son successeur.

On ne sait si cette translation fut alors de son goût; mais, dans la suite, il n’en parut pas fort satisfait. Il quitta donc Auxerre au grand regret du clergé et des habitants.

Transféré au siège de Meaux le 26 août 1637, il n’en prit personnellement possession que le 9 avril 1639, ses fonctions le retenant presque toujours à la cour.

Le nouvel évêque de Meaux ondoya Louis XIV à Saint-Germain-en-Laye au mois de septembre 1638, et le baptisa dans la chapelle de ce château le 21 avril 1643.

Le 14 mai de cette même année, Louis XIII malade le fit venir près de lui pour lui administrer les derniers sacrements et lui réciter les prières de l’agonie.

Ce même jour, la France avait pour roi un enfant qui s’appelait Louis XIV.

Le monarque défunt ayant légué une somme de quarante mille livres pour la fondation d’une messe quotidienne et d’un service par semaine à perpétuité, pour être célébré le jour de sa mort, Dominique Séguier fut chargé par le cardinal de Mazarin et par le comte de Chavigny, exécuteurs testamentaires, de régler les termes de la fondation.

L’évêque de Meaux approuva diverses acquisitions qui furent faites pour la sûreté de cette fondation, et en signa, le 19 décembre 1643, le contrat qui fut ratifié par le cardinal de Mazarin et le comte de Chavigny, lors de l’acte de fondation passé le 16 mai 1644.

Dominique Séguier avait assisté au concile t:enu à Paris le 28 mars 1640 où fut condamné un livre composé par l’oratorien Hersent et intitulé: Optati Galli de cavendo schismate liber paraeneticus, 1640, in-8° de 39 pages, satire contre le cardinal de Richelieu, faite à l’occasion du bruit répandu que ce prélat allait faire créer un patriarche en France.

Il montra autant de vigilance contre le calvinisme que de zèle contre les erreurs de Jansénius, et entreprit de mettre la liturgie de Meaux, comme il avait voulu le faire à Auxerre, en harmonie avec celle de l’Église universelle, ainsi qu’il l’annonçait dans le mandement mis en tête du Bréviaire qu’il publia en 1640, sous le titre de: Breviarium Meldense ad formam Sacrosancti concilii Tridentini restitutum.

Toutefois, le vénérable prélat ne pensait point violer les prescriptions de la bulle de Pie V en donnant un Bréviaire, qui s’écarte encore en plusieurs points du Romain.

En 1642, il fit paraître un Missel intitulé Missale ad formam sacrosancti concilii Tridentini restitutum , et en 1645 un Rituale Meldense ad Romani formam impressum.

Dominique Séguier établit, le 30 octobre 1645, un séminaire dans l’hôpital de Jean Rose, et assista, le 17 décembre, à l’assemblée générale du clergé de France.

Il fut le premier de nos évêques qui établit des conférences ecclésiastiques, ce qu’il fit en 1652 et en 1654, et publia d’excellents statuts.

Après avoir fait de riches présents à son Église, il prit pour coadjuteur son neveu Dominique de Ligny à qui il remit toute l’administration du diocèse le 12 mars 1659, et mourut à l’âge de 66 ans, le 16 mai de la même année à Paris. Son corps fut transporté à Meaux le 10 juin suivant et inhumé dans la cathédrale à gauche du grand autel.

Son décès est mentionné dans les termes suivants au nécrologe de l’Église de Paris

«Le sieiziesme jour de may mil six cent cinquante neuf est décédé en sa maison du cloistre de Notre-Dame, Monseigneur le Révérendissime Messire DOMINIQUE SÉGUIER, évésque de Meaux, et le lundy vingt sixiesme des dits mois et an, son corps fut levé et porté en la dite Église de Paris, et le service solennellement dit et célébré par moy, doyen de la dite Église, et quelques jours après, fut conduit à Meaux pour y être inhumé.
DE CONTES, doyen.»

 


 
Il reçoit pour gouvernante la marquise de Lansac, Françoise de Souvré

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Françoise de Souvré, marquise de Lansac, et les enfants de France
tableau anonyme conservé au château de Versailles
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MAISON DE 1638 AU PASSAGE AU HOMMES EN 1646

 

          

Gouvernante des Enfants de France
 

marquise de Lansac: 05 septembre 1638- 10 juin 1643

marquise de Seneçay: 10 juin 1643-1650

 

 

Sous - gouvernantes

Nourrice

Gouvernante des nourrices

Remueuse

Premières femmes de chambre

2 Valets de chambre

2 Garçons de chambre

Portefaix

Argentier

Précepteur

abbé de Péréfixe: 1644

 

 

 

EDUCATION DE 1646 A 1654

 

 Surintendant au gouvernement et à la conduite du Roi

S.E. le cardinal Mazarin: 1646-1654

 

 

Gouverneur

duc de Villeroy: 1646-1654

 

 

3 sous-gouverneurs

comte de la Bourlie: 1648-

 

 

Précepteur

Hardouin de Péréfixe: 1646

 

 

2 sous précepteurs

Lecteur

6 Gentilshommes de la Manche

Maître d’écriture

Le Bé: 1646

 

 

Maître de calcul

Le Camus: 1646

 

 

Maître d’espagnol et d’italien

Oudin: 1646

 

 

Maître de dessin

Davire: 1646

Bernard: 1646

 

 

Domestiques affectés

 

 

Premier Valet de Chambre

2 Valets de Chambre

2 Garçons de Chambre

Premier Valet de Garde Robe

2 Garçons de Garde Robe

Portefaix

Blanchisseuse du linge de corps

Empeseuse

Porte arquebuise

Chapelain

Clerc de Chapelle

Apothicaire

Aide apothicaire
 

5 septembre 1638

année de naissance du futur Louis XIV.

Pour Anne d’Autriche, il s’agit d’un tournant.

Alors qu’elle défendait jusqu’alors les intérêts espagnols, elle s’affirme peu à peu comme l’un des principaux défenseurs de la monarchie française.

Ecouter 

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CLAUDE DULONG-SAINTENY
(née le 12 juin 1927)

   O.

Élue, le 4 décembre 1995, dans la section Histoire et Géographie, au fauteuil laissé vacant par le décès de Jean Laloy membre de l’Académie des sciences morales et politiques, historien, auteur de nombreuses ouvrages consacrés au siècle de Mazarin, explique comment la naissance du futur Louis XIV marque un tournant dans la conscience politique d’Anne d’Autriche

 

Emission proposée par : Christophe Dickès
Référence : hist005
Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/1638-Anne-d-Autriche.html
Date de mise en ligne : 1er janvier 2005

 

Et Louis XIV se souvient que ses nourices, les suivantes de la reine, toutes ces femmes qui l'entouraient de leurs soins, l'appelaient l' "enfant du miracle", Louis Dieudonné

   



http://www.depalmas-france.com/actes/AD78/SAINT-GERMAIN/baptemeLXIVc.jpg


http://www.depalmas-france.com/actes/AD78/SAINT-GERMAIN/baptemeLXIV-2c.jpg
La naissance du dauphin avait été prophétisée par plusieurs mystiques comme la révérende Jeanne de Matel, fondatrice de la maison du Verbe Incarné, ou cet augustin déchaussé, le frère Fiacre de Sainte-Marguerite qui avait eu plusieurs visions à ce sujet en octobre  et novembre 1637 et en avait fait part à la reine

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