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mardi, 05 septembre 2017

05 septembre 1638: (Dimanche)

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Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye

A 4 H du matin

Tandis que le sieur Bouvard, premier médecin de Sa Majesté et Honoré, chirurgien, attendaient dans l'anti-chambre en cas d'incident, l'évêque de Lisieux vint dire une messe sur un petit autel dressé dans les appartements de la royale parturiente

 

Il fut bientôt relayé par Dominique Séguier, évêque de Meaux et premier aumônier du roi

 

L'effervéscence s'accroissait au rythme suffocant des douleurs, car selon un antique usage la reine de France devait accoucher en présence des princes et princesses du sang ainsi que les grands officiers de la Couronne

 

Louis XIII aussi était là, épuisé, rongé d'angoisse

 

Trois jours auparavant il avait été pris d'un accès de fièvre à la suite d'une rude chevauchée en forêt

 

 

 

Vers le milieu de la matinée
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Comme le travail n'était pas achevée, on  conseilla au roi de se retirer et d'aller prendre son dîner

Vers 11H


Alors que le roi venait de se mettre à table, vite on le pressa de revenir

La reine enfin accouchait

 En chemin, le roi rencontra Mme de Senecey qui lui annonça triomphalement:

"C'est un dauphin !"

Des cris de joie et de félicitations l'accueillaient



Quant il arriva dans la chambre de la reine, il faisait une chaleur étouffante

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La sage-femme, dame Péronne, lui présenta l'héritier, un enfant vagissant, robuste et de belle taille

Louis, le visage radieux, ému jusqu'aux larmes, mis un genou à terre et rendit grâces

Il était transporté d'émotion

Cela faisait près de 23 ans qu'il était marié !

Gaston, désappointé d'avoir vu "par raison physique" que le nouveau-né était bien de sexe mâle, s'efforçait de cacher sa déconvenue sous une mine de convenance: il n'occupait plus que la seconde place dans la liste des héritiers du trône

Le prince est ondoyé, dans l'actuel Pavillon Henri IV par l'évêque de Meaux, fut confié à sa nourrice, Mme de La Giraudière et porté avec solennité entre deux haies de gardes du corps jusqu'à l'appartement prévu pour l'accueillir, qu'on avait tendu de damas blanc

Il n'avait pas encore de prénom, mais il avait déjà le surnom de Dieudonné !

A 13 H

Un Te Deum improvisé fut chanté à la demande du roi dans la chapelle du Château Vieux.

Sitôt la naissance du dauphin, les courriers étaient partis annoncer la grande nouvelle

Arrivés au guet de Neuilly, car le pont n'avait pas encore été restauré par Mlle de Hautefort, ils firent virevolter longuement leurs chapeaux à plumes au-dessus de leur tête

C'était le signal convenu pour une fille, ils devaient croiser les bras !

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A Paris

 

Les 40 canons de l'Arsenal tintèrent leurs salves joyeuses, le bourdon de Notre Dame "bourdonna"

on promena des reliques de saints de par la ville

On ralluma 300 boites fumantes et tonnantes et de grands feux sur le Pont-Neuf, en place de Grève, sur d'autres places encore

Tambours, trompettes, flambeaux et fusées, la liesse populaire s'en donnait à coeur joie

Le peuple dansait aux carrefours

Généreusement, les cabaretiers perçaient des tonneaux et distribuaient des pichets de vin

A Saint-Germain

 

Les festivités étaient non moins exceptionnelles

Derrière le Château- Vieux, un obélisque fut dressé; de quatre dauphins en argent jaillissait le vin que le peuple s'empressait de boire

Le soir

Chaque maison s'illumina d'une lanterne ou d'une chandelle

Richelieu qui était en voyage à la frontière nord, montra au roi son immense satisfaction:

"Je crois que Dieu vous l'ayant donné, il l'a donné au monde pour de grandes choses"

il mesurait autant que le souverain toutes les conséquences politiques de l'évènement

C'en était fini des pleutrerie et palinodies de l'inconstant Gaston, de l'agitation nobiliaire autour de lui et de Marie de Médicis, otages des Espagnols ou des Lorrains

La Couronne était enfin affermie, la succession assurée

L'Etat stabilisé

Cela n'empêchera pas d'autres complots (les derniers du règne) d'éclater

Les Grands, toujours si puissants avec leurs réseaux de clients et d'obligés, ne s'assagiront pas immédiatement mais, avec la naissance du futur monarque, ces derniers soubresauts violents perdront toute légitimité

La reine était heureuse, heureuse de sa maternité, heureuse d'être la mère du futur roi et d'avoir conjuré la menace d'une répudiation, heureuse d'être entourée, félicitée par les courtisans, célébrée par les poètes

Jamais, depuis le mariage de Bordeaux, elle n'avait connu tant de bonheur

Elle retrouvait confiance en elle

Louis aussi était radieux

Il allait plusieurs fois dans la chambre de son fils le voir téter et remuer

Mais ni Richelieu ni lui n'étaient revenus sur leurs préventions tout au plus, témoignaient-ils à la reine une politesse et une déférence un peu plus appuyées pressé par son entourage, Louis après la naissance avait esquissé un léger baiser (un bien léger baiser) à sa femme

Il n'était pas question de l'admettre au Conseil, ni même de la laisser s'occuper de son enfant

Ce n'était pas le sien, mais celui de l'Etat !

Mme de Lansac avait été nommée pour cette tâche

C'était elle,, assistée de la sous-gouvernante, Mme de La Chesnaye, femme du premier valet de chambre du roi, qui changeait les nourrices quand elles ne convenaient pas, sans lui en référer

Et des nourrices, il y en eut de nombreuses, car le petit dauphin, robuste et joufflu, né avec une dent, déchirait leurs mamelles avec une surprenante ardeur

Sept victimes se succédèrent ainsi

L'ambassadeur de Suède conseillait aux voisins de la France de "se précautionner d'une rapacité si précoce" !

Déjà !

Les astrologues rivalisaient à esquisser son portrait d'après la configuration du ciel au moment de la naissance; le médecin Jean-Baptiste Morin, le juriste hollandais Hugo Grotius, le moine calabrais Tommaso Campanella s'essayèrent à cet exercice conventionnel avec plus ou moins de bonheur, ne tarissait pas d'éloges

Dès sa naissance, le futur Roi-Soleil avait trouvé l'hyperbole dans son berceau, en guise de hochet !

samedi, 17 décembre 2016

17 décembre 1638: A Saint-Germain

Saint-Germain

La famille royale reçoit le cardinal de Richelieu

A cette occasion, a lieu une concertation sur la protection de la santé du Dauphin et le choix de ses nourrices

 

L'Orléanaise Elizabeth Ancel, 1ère nourrice de Louis XIV

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Le futur Louis XIV dans les bras de sa nourrice, dame Longuet de la Giraudière

 

Guillaume Ancel, seigneur de Morchesne, conseiller et maître d’hôtel ordinaire du roi, épouse Anne Borreau-Fortin le 16 septembre 1595, en la paroisse Saint-Michel, à Orléans.

 Elisabeth Ancel, épouse Longuet de la Giraudière, le 8 juin 1612 en la paroisse de Saint-Pierre-Lentin, à Orléans est choisie comme première nourrice de Louis XIV, né le 5 septembre 1638.

Au-delà de considérations esthétiques, d’hygiène, de bonne santé et bonnes mœurs, le choix se porte sur cette jeune femme pour deux raisons  :

- le père de Jean Longuet, François, est cousin germain de Jacques Lhuillier, lui-même cousin germain de Marie Touchet, ancienne amie du roi Charles IX, dont la fille, Henriette de Balzac d’Entragues devint la maîtresse d’Henri IV.

- Jacques Lhuillier est le petit neveu de Jeanne Lhuillier, épouse de Jacques Boucher, trésorier du roi, qui accueillit Jeanne d’Arc à Orléans, en 1429.

Elle fut choisie le 01/09/1638 comme 1ère nourrice du dauphin, futur Louis XIV, mais ne l'allaita que 3 mois, n'ayant pu supporter la fâcheuse manie des Bourbons de "manger les tétins de leurs nourrices".

Elle fut remplacée par Perrette DUFOUR, femme d'Etienne Ancelin, voiturier de Poissy, qui nourrit l'enfant royal jusqu'à son sevrage et continua à jouir de la pension accordée aux nourrices des enfants de France.

 

La nourrice Elisabeth Ancel, femme de Jean Longuet, écuyer, Seigneur de la Giraudière et procureur du Roi au bureau des finances de la généralité de la ville d’Orléans, assise sur une chaise, est coiffée en cheveux, le sein nu, elle est vêtue d’une robe jaune paille relevée de dentelles.

Elle tient dans ses bras l’enfant royal emmailloté, qui porte au cou le cordon du Saint-Esprit.

Le jeune dauphin si sage en cette scène, faisait preuve d’une belle voracité, au point que l’ambassadeur de Suède conseillait aux voisins de la France de se « précautionner » d’un tel appétit. Huit nourrices se succédèrent après la dame de la Giraudière.

 

Perrette Dufour

2ème Nourrice du roi Louis XIV et première femme de chambre de la reine

  • Née en 1618 à Montesson (Yvelines)
  • Décédée le 7 octobre 1688 à Paris 3° à l'âge de 70 ans
  • Inhumée en octobre 1688 à Gournay-sur-Marne (Seine-et-Marne)
   

 

 

« Le vingt Fevrier 1634 Estienne Ancelin et Perrette Dufour tous deux de cette paroisse ont été mariés dans l’eglize de Montesson presents leurs parents et amis ».

C’est sans doute après la naissance de son enfant Michel, que Perrette devint la nourrice du futur Louis XIV; le dauphin naquit le 5 septembre 1638 à St Germain en Laye et nous savons que Perrette le nourrit à partir du sixième mois et jusqu’en 1640.

Outre la pension affectée aux nourrices des enfants de France, Louis XIV donna à Perrette une propriété à Montesson et la somme de 12 000 livres. Cette demeure à Montesson, dite « la maison au balcon », au 40 Bd de la République (ex rue de l’église) n’existe plus.

A Montesson, Perrette laissa un souvenir marquant. Elle fit restaurer l’église et orner le maître-autel d’un splendide panneau de bois sculpté, au fronton duquel rayonne un soleil, emblème du roi.

Elle quitta Montesson en 1674, pour aller vivre avec son fils, au château de Gournay-sur-Marne. En effet, son fils Louis Ancelin, nommé contrôleur général de la maison de la reine Marie-Thérèse, se maria en 1674 avec Marie Le Vassor de Château Gournay, fille du dernier seigneur, qui lui apporta en dot la terre de Gournay. Perrette était veuve depuis six ans. Elle se plut tout de suite à Gournay où elle s’installa. En 1680, Louis Ancelin faisait abattre le château primitif et construire à proximité, juste en face du pont, celui qui existe encore aujourd’hui et qui est devenu la mairie de Gournay-sur-Marne.

En 1694 à la mort de Louis Ancelin, sa veuve et ses enfants, par arrêt du 10 novembre 1694, reçurent 2 000 livres de pension; Sa veuve vendit la château en viager et , respectant les dernières volontés de son mari, le fit enterrer auprès de sa mère.

A propos de l'église de Montesson


 

L’église menaçant ruine, Pérette Dufour, montessonnaise, nourrice du roi Louis XIV, s’est vue accorder le 5 décembre 1662, la permission de rebâtir à ses frais et dépens l’église du lieu de Montesson (ce qui stipulait la destruction de l’ancienne).

L’église fut donc construite entre 1662 et 1676. Ce fut le curé Isaac Passay qui bénit la première pierre et également l’édifice après son achèvement. A cette date remonte l’installation d’une horloge-pendule au clocher.
Vers 1695, Claude Dodieu, seigneur de La Borde, fit élever la chapelle sud, actuelle chapelle du Saint Sacrement. La chapelle nord, elle, est dédiée aux Saints martyrs Côme et Damien.

Acte de décès


 

« Ce jourdhuy jeudi septieme jour du mois d’octobre mil six cent quatre ving et et huit est decedee a midi a paris rüe bar du bec paroisse de saint Mederic noble Dame Perrette du four, native de Montesson ; veuve de feu Estienne Ancelin natif dudit Montesson, Escuyer, Controlleur General de la maison de la feüe Reine ; restauratrice et bienfaictrice de l’eglise paroissiale de notre dame dudit Montesson ; et bienfaictrice et protectrice de la paroisse ; nourrice de notre Incomparable et invincible Monarque a présent régnant. Le cœur de la dite Dame nourrice du roy repose a saint Médéric, et son corps dans l’eglise paroissiale de Gournay diocese de paris »

Le jeune dauphin, réputé pour sa voracité, épuise ses nourrices.

Huit nourrices succédèrent à Elisabeth.

 

samedi, 09 avril 2016

09 avril 1649: Saint-Germain

A Saint-Germain

Le Roi et la Reine reçoivent une délégation de la Cour des monnaies, conduite pa le premier président André de Pajot, puis les trésoriers de France (officiers de justice rattachés aux tribunaux appelés Bureaux des finances et chargés des causes touchant les impôts et le domaine)

 

 

La Gazette annonce que Leurs Majestez sont en très bonne santé, graces à Dieu

samedi, 19 mars 2016

19 mars 1639: Saint-Germain en Laye

Le Dauphin est porté au couvent des Récollets de Saint-Germain en Laye

 

Il est reçu par les pères à l'entrée de leur église

samedi, 06 février 2016

06 février 1672: Saint-Germain en Laye

06 février 1672:
06 février 1672:

Le 6 février 1672, jour choisi par Louis XIV pour tenir le Sceau, tous ceux qui ont droit d’y assister par le règlement du 4 février, se rendent à Saint-Germain en Laye, en la chambre du château, où se tient ordinairement le Conseil.


Au haut bout de la table qui est couverte d’un tapis de velours vert brodé de fleurs de lys, se trouve la chaise du Roi.

De chacun des côtés de la table, il y a trois chaises pour les six conseillers d’état (MM d’Aligre, de Sève, Poncet, Boucherat, Pussort et Voysin).


Lorsque tout fût préparé, les huissiers de la Chancellerie se rendent à la porte de la chambre du Roi, pour attendre Louis XIV à sa sortie. M. de Chamarande, l’un des quatre premiers valets de chambre, marche devant Louis XIV, en portant le coffre des Sceaux.

Les huissiers se mettent devant et à côté du coffre.

Louis XIV étant entré de la chambre du Sceau, les huissiers se saisissent de la porte, comme autant de Louis XIII.

Le Roi s’étant assis, les six conseillers d’état prennent place, par ancienneté. M. Béraud, Grand Audiencier de France, en quartier, se met à l’endroit de la table prévu par le règlement: au bout de la table après le dernier conseiller d’état de son rang. M. Aubourg, Garde des Rôles des Offices de France, se place de la même manière. M. Quiqueboeuf, chauffe cire de la Chancellerie se place de manière à être à proximité du coffre des Sceaux. M. Le Comte, Contrôleur Général de la Chancellerie de France, se place en bout de table.
Les six maîtres des requêtes (MM Barentin, Boullenger, Le Pelletier, de Faucon, de Lamoignon et Pelisson); M. Mélian, conseiller du Grand Conseil du Roi et Grand Rapporteur en semestre; M. Maboul, Procureur Général des grandes et petites chancelleries ; tous les secrétaires du Roi; M. Bouchard, Garde des Quittances, et les autres officiers des chancelleries sont debout au tour de la chaise du Roi et de la table.
Derrière la chaise du Roi, se tient le capitaine des gardes du corps du Roi, en quartier, et l’un des huissiers de la Chancellerie. Les secrétaires d’état sont à la droite de la chaise du Roi, avec un grand nombre de seigneurs qui sont entrés à la suite du Roi.
La Reine, Monseigneur et Monsieur viennent saluer Louis XIV.


Louis XIV ayant ouvert le coffre des Sceaux, qui avait été mis devant lui, les Sceaux sont placés entre les mains du Chauffe-cire.

Louis XIV demande au Grand Audiencier de France de lui présenter les lettres de la Liasse. Les maîtres des requêtes et le Grand Rapporteur en font rapport.

Le Garde des Rôles des Offices de France présente les offices.

Sur la fin du Sceau, les secrétaires du Roi font la lecture des Remissions et autres lettres de grâces.

Le Sceau fini, on présente au Roi, le coffre où il remet les Sceaux dedans.

Puis, il le ferme et prend les clés.

Louis XIV ordonne que le Sceau se continue le lundi suivant.